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La bataille de Coulmiers le 9 novembre 1870 par Gérard LEMAÎTRE

Auteur : rplb  Créé le : 27/02/2013 17:13

HISTORIQUE par Gérard LEMAITRE **

 

Je vais vous faire chronologiquement l'origine de la guerre de 1870, qui nous amène à la bataille de Coulmiers.

 

Le 19 juillet 1870, l'Empereur Napoléon III déclara la guerre à la Prusse, suite à la dépêche d'ELMS. Le roi de Prusse, Guillaume et surtout, Monsieur de Bismark, habile provocateur n'attendait que cela, le cousin de Guillaume, le Prince Hohenzollern, n'est qu'un prétexte pour le trône d'Espagne et les français tombent dans le piège prussien. Les prussiens, qui sont prêts après leur victoire sur les Autrichiens à Sadowa, le 3 juillet 1866 possèdent un chef d’État-major de qualité : le comte Von Moltké.

 

Les français sont mal préparés, quelque peu indisciplinés mais courageux, plus ou moins bien commandés, l'armement moyen, mis à part nos excellents fusils Chassepot, nos canons se chargent par la bouche, alors que ceux de nos adversaires se chargent par la culasse sont donc plus rapides et portent plus loin. Le maréchal Niel tenta en vain une réforme de l'organisation militaire, son successeur le Maréchal Leboeuf ne fit rien pour améliorer notre armée. Il ne manque pas un bouton disait-il. La chambre par 425 voix contre 10 vote les crédits pour l'armée et la marine. Thiers s'inquiète d'autant plus que la Prusse conclut une convention avec les états du sud, soit le Grand-Duché de Bade, la Bavière, le Wurtenberg, la Saxe.

 

Le 19 juillet donc le jour de la déclaration de guerre, le premier Ministre Emile Ollivier déclare : « nous faisons la guerre avec soulagement et d'un cœur léger » ; sans commentaire. A Paris, l'agitation gagne les boulevards, ces agitations sont encouragées par le pouvoir : « à Berlin, vive la guerre ! » criait-on. La presse de l'époque y mettant également du sien. L'orage menace. Les troupes de la coalition sont d'environ 430.000 hommes. En France, on annonçait 750.000 hommes, en réalité, il y a seulement 375.000 hommes mobilisés et 175.000 réservistes.

 

L'orage éclate. Les armées impériales vont subir des défaites sans précédent, battues aux frontières, l'armée du Rhin se replie, la campagne d'Alsace est un désastre : Wissenbourg, Froechviller, Reichshoffen, Morsbronn, Woeuth, c'est l'effondrement du front français, l'Alsace est perdue.

La retraite est lente et indécise vers le camp de Chalons. La campagne de Lorraine est aussi un désastre : Spicheren, Borny, Rezonville, Gravelotte, Saint Privat. Le 16 Août, le Maréchal Bazaine et son armée de Lorraine s'enferme dans Metz, c'est le blocus.

 

La campagne des Ardennes est du même exemple, défaites de Beaumont, Bazeilles, Floing, Balan. Le Maréchal de Mac Mahon rejoint par l'Empereur dans la cuvette de Sedan, ville bombardée par l'artillerie ennemie. L'armée française est enveloppée donc prisonnière, erreur stratégique qui me rappelle le camp retranché de Dien Bien Phu au Vietnam où les troupes françaises sont pilonnées par l'artillerie du général Giap qui domine la cuvette, le 7 Mai 1954.

 

Le Maréchal Mac Mahon est anéanti dans la poche de Sedan. Le 2 septembre , L'Empereur prisonnier est emmené en captivité. La ville de Metz subit le blocus, puis plus tard, le 27 Octobre, la honteuse capitulation du Maréchal Bazaine et de son armée de Lorraine. Ces revers des campagnes : d'Alsace, de Lorraine et des Ardennes, livraient à l'ennemi une partie de notre territoire. Puis vint la marche des armées allemandes sur Paris, l'Empire s'écroule pour faire place à la République, proclamée le 4 septembre.

 

L'Impératrice Eugénie quitte les Tuileries. Se forme alors un gouvernement de la défense nationale, que préside le Général Louis Trochu. Jules Favre aux Affaires Etrangères, Jules Simon, Jules Grévy. Léon Gambetta à l'Intérieur organise la défense nationale, en mettant sur pied les armées de province, soit 12 corps d' armée en quelques mois. Mais l'ennemi se rapproche, combats de Chevilly, Bagneux-Chatillon, le Bourget ; l'envahisseur encercle Paris les 18 et 19 Septembre ; ce blocus de la capitale va permettre l'envahissement de notre Région. Dès le 18 Septembre, les premiers éléments ennemis s’avancèrent au-delà de Fontainebleau.

A partir du 20 Septembre , les incursions en Beauce vont aller en s'accroissant, en rançonnant les villages par des réquisitions de bétails, de farine, de vivres, de vin, de bois, de grains, de fourrage, etc...

L'intimidation des habitants se fait bien souvent par la terreur, voire les brutalités. Les cavaliers du Prince Albert de Prusse (4ème division de cavalerie) sont sur Tours.

Ces reconnaissances de cavalerie ayant pour but d'assurer le ravitaillement et l’exploitation du dispositif de défense des forces françaises.

Il y aura des escarmouches aux environs de Toury, Janville, Pithiviers, Bazoches-les-Gallerandes, Escrennes.

Le 26 Septembre, un combat à la Croix Briquet, près d'Artenay.

Le 28 Septembre, 35 cuirassiers prussiens arrivent à St Peravy la Colombe.

 

Vendredi 30 Septembre 1870.

Un détachement de 250 uhlans et 2 canons arrivent à St Péravy et prendront possession de la ferme du Mesnil (les uhlans étant des lanciers de l'avant-garde de cavalerie prussienne coiffés des schapkas).

Le lendemain, soit le samedi 1er Octobre, vers 6 heures du matin, 14 uhlans en provenance de St Péravy la Colombe arrivent aux carrières et hameau des Crottes, commune de Coulmiers empruntant le chemin des bœufs, dit également la voie Blois-Paris (voie romaine Blésum-Lutécia). Les uhlans laissent une vedette en faction sur les hauteurs des carrières,  surveillant ainsi la route Orléans-Le Mans, puis traverse la plaine au sud de Baccon, laissant une seconde vedette sur les hauteurs de la Touanne, se dirige entre Meung et Baule, sciant un poteau télégraphique interrompant ainsi les communications entre Orléans et Tours, siège de la délégation du gouvernement de la défense nationale, puis vont sur la commune de Cravant, avant de revenir sur le Bardon et la Touanne où ils récupèrent le ulhan en faction. En début d'après-midi, ils repassent aux Crottes y relevant la vedette en poste et regagnant St Péravy la Colombe sans être inquiétés quittant d'ailleurs St Péravy à la nuit tombée avec tout le détachement.

Après cette incursion aussi soudaine que rapide, les habitants cachent ce qu'ils ont de plus précieux : souvenir de famille, bijoux, vêtements, vivres etc... Des caves sont murées, des cachettes aménagées dans les étables, écuries, greniers ; on creuse des trous. Ces sera bien souvent peine perdue.

Et puis, il y a les rumeurs : 300 à 400 prussiens sont à Patay, des anciens parlent de l'occupation prussienne de 1814 et 1815 : beaucoup d'hommes exécutés, de femmes ayant subies le dernier des outrages et même de jeunes enfants mangés tout cru... Ces dires plus ou moins exagérés provoquant bien entendu la peur et l'exaspération avec l'arrivée de l'occupant.

Le 10 Octobre, le jour ou le 15ème corps français de la Motte Rouge est bousculé et en déroute à Artenay ; environ 80 uhlans en provenance toujours de St Péravy la Colombe, traversent à nouveau la commune de Coulmiers pour renouveler la coupure de la liaison entre Orléans et Tours, tout en convoitant les moulins à farine de Meung sur Loire, échouant à la vue des gardes nationaux en manœuvre, se faisant même attaquer par d'autres gardes nationaux, à Huisseau sur Mauves et Baccon y laissant même un prisonnier. Le lendemain, 11 octobre, jour de la prise d'Orléans, un régiment de uhlans et d'annexés polonais arrivent à Coulmiers ; un officier marquant certaines maisons d'une croix pour l'hébergement « forcé ».

Le 12 Octobre, les uhlans pillent les auberges, les cabarets, les épiceries puis les maisons particulières, vidant les placards et les maies, remontant les tonneaux de vin des caves etc...

Le 13 0ctobre, 150 cavaliers fantassins sont signalés à Beaugency.

Le 14 Octobre, c'est les 10ème régiment de uhlans de Posen qui vient occuper Coulmiers, ainsi qu'une batterie d'artillerie.

Le 18 Octobre, (le jour de Chateaudun), c'est le 1er régiment de hussards Silésiens n°4 qui relève les uhlans de Posen, de même qu'arrive un détachement d'infanterie bavaroise.

 

Un Général prussien Ontheim loge au château du bourg de Coulmiers chez M de Villebonne.

Pendant 4 jours, ces uhlans de Posen terrifièrent le pays, c'était leur tactique d'imposer la terreur partout où ils passaient. Le châtelain du bourg monsieur de Villebonne devant fournir la viande pour les troupes occupantes, le châtelain du Grand Luz, monsieur de Gourcy devant lui, fournir la farine et en tant que Maire, devant réquisitionner des fours pour cuire le pain.

Le fermier de la ferme de la Grande Maison s'était pendu devant le pillage de toute sa ferme, celui du Petit Luz mourra de ses tortures, un autre du bourg deviendra fou, une femme violentée, les paysans ne pouvant aller dans leurs champs que munis d'un laisser-passer.

Les occupés font de la résistance, disons passive, devant les brutalités prussiennes au château du Grand Luz par exemple, l'occupant prend ses repas au salon, entretenant du chauffage, en brûlant les meubles, et les fauteuils. Dans le bourg, les femmes doivent cuire la nourriture pour l'occupant, nourriture bien entendu prise de force et la ruse ne marchait pas toujours, il y eu des cas de vengeance, tel qu'uriner sur les aliments cuits pour les prussiens, ce qui est arrivé chez le propriétaire de Guillaume, le journalier Désiré Charlier, qui subira également la vengeance adverse puisqu'il sera battu à coups de batons et aura même un bras fracturé, soi-disant pour avoir refusé de servir les occupants.

Le Maire, le Comte de Gourcy, tantera à plusieurs reprises de se plaindre à chaque fois la réponse était la même : « mossieu, c'est la kerr ! »

Les Bavarois aimaient le vin de Coulmiers (une sorte de piquette de mauvaise qualité) sans doute pour eux préférable à la bière des tavernes de Bavière.

La tactique de l'occupant étant d'imposer la terreur, il fallait fournir la viande, la farine, le vin, pour nourrir l'envahisseur, le Maire devant même réquisitionner des fours pour cuire le pain.

Les paysans ne pouvant aller dans leurs champs, que munis d'un laisser-passer, tout en devant fournir du foin, de la paille, du bois, contraint à battre de l'avoine au fléau pour nourrir les chevaux des cavaliers prussiens, travaillant ainsi pour le Roi de Prusse.

Selon l'expression qui perdurera longtemps chez les paysans. Le Commandant Poten, un Baron Hanovrien, commande l'escadron du bourg et loge au château de Coulmiers, un autre escadron étant au château du Grand luz où loge le Colonel Von Brozowski, alors que le détachement d'infanterie bavaroise est installé en cantonnement dans le bourg, chez les habitants bien entendu.

Le Maire de Coulmiers se plaint régulièrement. La réponse étant toujours la même « mossieu c'est la kerr ! ».

Les réquisitions étant quotidiennes, les uhlans perquisitionnent chez monsieur Désiré Chartier. Un journalier qui se trouve être l'arrière grand-père de mon épouse.

Les uhlans cherchent dans les bâtiments, notamment l’appenti à porc qui est vide, le poulailler et les clapiers, la grange, la cave également, reste la cuisine et les chambres. L'une de ces chambres n'a pas de fenêtre, elle est donc dans le noir total. Pour une fois, les uhlans prirent peur et s'enfuirent à la vue d'un « monstre franchouss », qui, nul doute pour eux est contagieux. Ce monstre n'est autre que Guillaume, l'unique cochon, baptisé ainsi par référence à Guillaume, le Roi de Prusse (auparavant l'on disait du cochon le Charles X, ce qui n'était pas une référence pour ce Roi) ; Guillaume donc avait connu une mort prématurée, sans doute saigné, par contre, j'ignore s'il avait été « flambager ». Pour éviter son enlèvement le meilleur endroit était de le coucher dans le lit du Maître de maison, en l’occurrence, le père Chartier, Désiré de son prénom, un drap recouvrant le grouin, une chambre bien noire et la peur, voir la grande peur des maladies contagieuses des Prussiens : peste, choléra, petite vérole, les fera partir de la maison. Les Prussiens ont une grande peur des épidémies, souvenir également des abdications de Napoléon après Fontainebleau en 1814 et après Waterloo en 1815 où les soldats Blücher contractèrent des maladies vénériennes auprès des dames dites de « petites vertues » syphilis etc...

Le repos du guerrier est dangereux pour l'envahisseur.

Il y a également les violences vis à vis des civils, notamment les hussards de la mort dit également les hussards noirs à cause de leur tenue noire mais surtout à cause de leurs coiffures (le schako) avec une tête de mort surmontée de deux os entrelacés (sorte de SS de sinistre mémoire) ces hussards nous détestant : « franchouss grosse cochonne » disaient-ils.

Le 18 Octobre, le Maire de St Péravy la Colombe, Monsieur Faucheux est pris en otage considéré comme un franc-tireur pour avoir tiré deux cartouches de chasse ; torturé, pendu par les pieds au-dessus d'un puits, on va pour le pendre mais la corde casse. On lui fait creuser sa tombe, puis emmené, attaché à la queue d'un cheval, il s'échappera du côté de Marboué, grâce à la pitié d'un soldat Prussien (ce qui est exceptionnel).

Il rentrera chez lui dans un état physique lamentable et ne s'en remettra pas. Il mourra en 1873 âgé de 42 ans. Sans oublier les nombreux instituteurs, mal considérés par les Prussiens (dont Gustave Fautras). Souvent battus, quelques fois déportés en Prusse, tels les captifs de Bricy...

13 hommes de Bricy plus 5 autres des communes voisinent moururent à Stettin.

 

LA BATAILLE de COULMIERS du 9 NOVEMBRE 1870

 

Après la défaite du 11 Octobre et la perte d'Orléans, les troupes du 15ème corps rallièrent La Ferté St Aubin. Le Général de la Motte-Rouge fut relevé de son commandement et dès le 12 Octobre, remplacé par Louis d'Aurelle de Paladines, âgé de 66 ans.

Le 18 Octobre, d'Aurelle a sous ses ordres le 16 ème corps d'armée en formation du Général Pourcet que Alfred Chanzy, 44 ans, remplacera le 2 Novembre : c'est vraiment l'Armée de la Loire ».

Le 15ème corps se réforme derrière la rivière La Sauldre, soit à Salbris, Argent sur Sauldre, Pierrefite, Aubigny sur Nère, protégeant ainsi l'arsenal de Bourges. Il fera le trajet Salbris-Blois via Romorantin, par chemin de fer.

Le 16ème corps se forme entre Tours et Blois puis se concentrera entre Blois et Vendôme avant de venir derrière la forêt de Marchenoir. Des francs-tireurs patrouillent autour de cette forêt ; c'est ainsi que le 25 Octobre, à Binas, trois escadrons Prussiens se heurtèrent aux francs-tireurs de St Denis, sous les ordres du Capitaine Lienard. Un combat appelé aujourd'hui, combat de Binas.

Le 5 Novembre, l'armée de la Loire se situe dans le triangle Mer-Beaugency de la forêt de Marchenoir où avant se concentre le 16 ème corps.

Le 6 Novembre, l'armée quitte ses bivouacs mais les patrouilles prussiennes suivent le mouvement.

Le 7 Novembre à Vallières, près de Binas, une forte reconnaissance de cavalerie Prussienne vient tester l'Armée de la Loire ; ce combat tournera à notre avantage et l'ennemi décroche avant l'anéantissement.

Le 8 Novembre, l'Armée de la Loire est établie entre Messas, Cravant, Ouzouer le Marché, Prénouvellon, Seronville et Villevêque.

En fin d'après-midi, d'Aurelle fait connaître son ordre de mouvement pour la journée du 9, idem pour Chanzy avec l'interdiction de faire du feu aux avants postes. On sonne le couvre-feu, seul bruit, le hennissement des chevaux.

La 1ère division du 15ème corps (Martin des Pallières) a depuis quelques jours passé la Loire à Gien et doit passer au nord d'Orléans, ensuite se rabattre sur Artenay pour bloquer Von Der Tann, parti d'Argent sur Sauldre le 7. Il passe la Loire le 8 au matin, bivouaque le soir à Chateauneuf et le 9 Novembre il est à Fay aux Loges et n'arrivera à Orléans que le 11, donc trop tard.

Les mobiles du Général Fays partent de Salbris, ils arrivent à La Motte Beuvron le 9 Novembre et n’entreront à Orléans que le 11, donc trop tard, également.

Les francs-tireurs de Cathelineau et un bataillon de chasseurs partent de Chambord et passant par Cléry et Olivet arriveront à Orléans dans la nuit du 9 au 10 Novembre.

 

Le 1er corps d'armée du Baron Von Der Tann-Rathsamhausen est établi sur une ligne allant de St Péravy la Colombe (y compris) jusqu’à la Loire à St Ay.

La brigade de cuirassiers bavarois de Van Tauch surveillant la route de Patay jusqu'à la route Orléans-Le Mans, ici même, à Coulmiers avec quelques bataillons d'infanterie bavarois en soutien.

La 2ème division de cavalerie Prussienne du Comte Von Stolberg-Wernigerode a la charge de surveiller de la route d'Orléans-Le Mans, le secteur de Baccon, la Touanne et à l'aile gauche, Chaingy et St Ay , ils seront aidés par un renforcement d'infanterie. Force en présence : armée de la Loire : 70.000 hommes, 150 canons.

Armée adverse : 24.000 hommes, 110 bouches à feu.

 

Le Général Von Colomb , commandant la 3ème brigade de cavalerie Prussienne réside au château de la Renardière et ses cavaliers sont en cantonnement à la Renardière chez l'habitant. Von Der Tann, qui sait son infériorité numérique, se ménage les accès aux routes de Chartres et Paris en se fixant même Toury comme point de ralliement, en cas de défaite, rejoignant ainsi les unités placées sous le commandement du Grand Duc De Mecklembourg, en attendant les renforts puisque la capitulation de Bazaine à Metz va permettre à la IIième armée Prussienne du Prince Frédéric Charles de se retourner contre l'armée de Loire.

Cette IIième armée Prussienne arrivant à marche forcée pour couvrir le sud de la capitale.

En attendant, en cette soirée du 8 Novembre 1870, Von Der Tann se prépare au choc avec l'armée de la Loire, murs crénelés, barricades aux points stratégiques. Depuis quatre semaines d'occupation, Bavarois et Prussiens connaissent très bien la Région, la connaissant d'ailleurs quelques peu avant leur arrivée, notamment les Prussiens, du fait des espions, des suspects, qui, avant cette guerre circulaient, soit comme ouvriers, soit comme colporteurs, connaissant ou apprenant notre langue, sachant faire des dessins, des croquis, des relevés.

Des plans et des cartes en sont la preuve alors que les Français n'ont pas de carte de France par contre, ils ont des cartes d'Allemagne. Est-ce de la négligence ? La trop grande confiance des autorités politiques et militaires ? Les deux à la fois, c'est-à-dire leur incompétence.

 

En cette veille de bataille, l'occupant est nerveux, menaçant et même violent.

  • le Mercredi 9 Novembre 1870, l'Armée de la Loire est réveillée par la Diane, la sonnerie du clairon.

  • Il est 5 heures, les tentes sont abattues, pliées et roulées sur les havresacs.

  • Les hommes courent aux faisceaux pour l'appel.

  • Les armes sont vérifiées, les munitions et les vivres distribués.

  • A partir de 6 heures,la soupe est prise et les hommes se préparent pour la bataille.

  • Les éclaireurs rentrent de reconnaissance et font leurs rapports aux officiers.

  • Le ciel est couvert, le temps froid et brumeux, signe précurseur de pluie, voire de neige.

  • A 8 heures, les régiments se portent en avant, les éclaireurs en tête, précédant les lignes de tirailleurs, eux-mêmes devançant les divers bataillons.

 

  • Au 15ème corps d'armée, à l'extrême droite avance la 2ème brigade du Général Rebillard de la 2ème division Martineau-Deschenez qui surveille la route de Meung sur Loire, le Bardon puis passe à la Touanne, commune de Baccon puis Préfort, commune de Huisseau sur Mauves. A gauche de cette brigade, se trouve celle du Général Peytavin qui tente d'enlever le bourg de Baccon par le

33 ème Régiment de marche du Lieutenant Colonel Thierry,

le 6ème bataillon de chasseurs à pied du Commandant d'Arbo et un bataillon du 16ème Régiment de marche.

  • Les murs sont crénelés y compris le cimetière, travaux exécutés sous la menace par les habitants. Des barricades barrent les principales rue du bourg, sauf celle de la Renardière. Nous y trouvons des charrettes, tombereaux, charrues, herses etc... Un peu avant l'attaque, des habitants ont fui pour se réfugier dans les caves du Moulin de la Roche, situé sur le commune de Huisseau sur Mauves. Après bien des difficultés, les Bavarois de la 1ère armée Bavaroise du Général Major Von Dietl sont chassés.

  • Puis c'est au tour du hameau de la Rivière, les Français y prennent pied, avant de reculer et finalement, enlever ce lieu-dit. A la Renardière, de violents combats se dérouleront jusqu'à 2 heures de l'après-midi. L'intervention de l'artillerie permettra de faire des brèches dans le mur crénelé du parc.

  • La brigade du Général d'Aries (1er de la 2ème division), reçoit l'ordre d'avancer et de prendre le parc et le château du Grand Luz qui deviendra dans l'après-midi, le quartier de d'Aurelles de Paladines.

 

  • Au 16ème corps d'armée, à gauche de la division Peytavin se trouve la 2ème division du Général Barry puis la 1ère division du Contre Amiral Jaureguiberry, surnommé « Grand Bateau ». Les francs-tireurs du Commandant Lienard (Indre et Loire, Calvados, Seine et Marne, de St Denis), servant d'éclaireurs ;

  • à l'extrême gauche marchent les francs-tireurs de Paris, du Colonel de Lipowski, (les héros du 18 Octobre à Chateaudun), puis les francs-tireurs de la Sarthe, du Commandant de Foudras, tous, sous les ordres directs du Général Reyau de la Division de Cavalerie du 15ème Corps.

  • Jaureguiberry, qui plus tard commandera le 16ème corps d'armée alors que Chanzy commande la 2ème Armée de la Loire.

  • Républicain, Jaureguiberry deviendra Ministre de la Marine pendant 13 ans, soit de 1879 à 1882.

  • La division Barry a du retard, bloquée par les tirs longs des deux batteries Prussiennes, qui de Baccon, tentent d'arrêter la division Peytavin.

  • La division Jaureguiberry est plus avancée un bataillon de la brigade du Général Deplanque tente d'investir le hameau de Champs sur la commune de St Sigismond, qu'il faudra quitter sous la pression des renforts Bavarois et surtout de l'artillerie Bavaroise.

  • Le hameau de Cheminiers, sur la commune d'Epieds en Beauce est pris après bien des difficultés et, sous le feu intense de l'artillerie adverse.

  • Le 37ème Régiment de marche et le 33 ème Régiment de gardes mobiles de la Sarthe sont très éprouvés, d'autant plus que des renforts Bavarois arrivent.

  • Le manque d'initiative du Général Reyau, commandant la cavalerie du 15ème corps, met l'aile gauche du 16ème corps de Chanzy en difficulté heureusement suppléé par la cavalerie du 16ème corps du Général Ressayre, notamment la brigade Abdelal.

  • C'est alors que Jaureguiberry engage la Brigade du Général Bourdillon jusqu'ici en réserve et qui vient épauler la Brigade Deplanque en difficulté.

  • Cheminiers est enfin entre les mains des français, Champs est pris définitivement, ainsi que la ferme de l'Ormeteau sur la commune de Coulmiers. La réserve d'artillerie ayant quant à elle épaulé efficacement l'infanterie française.

  • La Cavalerie de Reyau a donc été complètement inexistante et de plus a commis fautes sur fautes, en ne respectant pas les ordres donnés.

  • A la vue de soldats, entre Nids et Tournoisis, qui ne sont que des francs-tireurs de Lipowski et ceux de de Foutras. Reyau pense être tourné et prescrit la retraite sans s'inquiéter de sa mission, sans même prévenir Chanzy. Il revient à ses bivouacs du matin entre Seronville, Prenouvellon, Villevêque.

  • La mission de Reyau étant de se porter vers Patay et de surveiller les routes de Chateaudun, Chartres et Paris puis de couper la retraite à l'infanterie Bavaroise.

  • Revenons à la Division Barry, en retard, qui doit tout d'abord prendre le hameau et les carrières des Crottes à Coulmiers par le 22ème Régiment de Mobiles de la Dordogne.

  • Ensuite, il faut enlever le parc du Château de Coulmiers tenu par le 13ème Régiment d'infanterie Bavarois du Colonel Von Isenburg, bien protégé par le rejet de l'important fossé à la lisière de ce même parc.

  • Le château étant transformé en hôpital par les Bavarois, bénéficiant même de l'aide spirituelle du curé de Coulmiers, monsieur l'Abbé Sigismond Garnier, qui assiste les aumôniers Bavarois, catholiques, eux aussi.

  •  

  • Quant aux habitants de Coulmiers, du moins une partie de ceux du bourg, ils se sont réfugiés dans l'une des caves de ce château, entendant les salves de canons qui s'intensifiaient, le va-et-vient des ambulanciers et brancardiers Bavarois qui amènent les blessés. Cette prise du parc fut difficile et causa beaucoup de pertes et de blessés.

  • A la première tentative de l'enlèvement de ce parc par le 31ème Régiment de marche, le Lieutenant Colonel Couderc de Foulongue,Commandant la Brigade et ce Régiment, est tué.

  • Les soldats désemparés reculent de 300 mètres.

  • A la seconde tentative, le Commandant de Chadois qui entraîne le 22ème Régiment des mobiles de la Dordogne, est grièvement blessé. Les moblots sont décontenancés. A ce moment, l'artillerie de réserve du 15ème corps, installée dans le parc du château de Luz, canonnent l'artillerie Bavaroise installée autour de ce même parc ainsi que la batterie de mitrailleuse Bavaroise située à la ferme de Cleomont qui prend en écharpe les troupes françaises.

 

Le Général Barry tente alors une troisième et ultime tentative. C'est le 38ème Régiment de Marche, du Lieutenant Colonel Baille qui donne l'assaut ; le Sergent Charbonnier le premier pénètre dans ce parc, suivi du 38ème Régiment, du 31ème Régiment, du 22ème mobile de la Dordogne et du 7ème Bataillon de Chasseurs qui attaquent la ferme de Cleomont.

 

Il est 16 heures, le ciel est chargé, le jour tombe , le parc est pris à la baïonnette, le château, donc l'hôpital-ambulance est cerné. Il faut l'intervention du curé l'Abbé Garnier, qui, le crucifix à la main, arrête les Mobiles qui veulent pénétrer à l'intérieur de ce château. (évitant ainsi le massacre des prisonniers Bavarois).

 

On se bat dans le bourg, des maisons sont en feu et 200 Bavarois sont fait prisonniers. Ceux qui résistent sont passés au fil de la baïonnette. La tombée de la nuit avantage la retraite des Bavarois, non poursuivis par les soldats de l'Armée de la Loire, fatigués par cette longue et dure journée du 9 Novembre 1870.

 

APRES

 

La cavalerie française n'étant hélas plus là pour anéantir l'armée de Von Der Tann. Cette désertion de Reyau lui coûtera d'ailleurs son commandement puisqu'il sera limogé. Il est vrai qu'il est âgé de 71 ans.

Grâce à l'inertie de Reyau, les Bavarois pourront s'enfuir, et plus tard, rejoindre Toury, en attendant du renfort, notamment la 11ème armée du Prince Frédéric Charles, le neveu de Guillaume.

La bataille est finie. Des maisons sont touchées : l'église, l'école brûlent. La ferme de Bordebuse à Epieds, Viard à Huisseau sur Mauves et Cleomont à Coulmiers, et bien d'autres.

La nuit est tombée.

La pluie mêlée de neige fait son apparition. L'armée de la Loire bivouaque sur place, à peu de distance de ses emplacements de combats ; les soldats sont à la recherche de bois sec, de paille sèche. Difficile d'en trouver. Les tas de paille sont culbutés. Les feux sont difficiles à allumer et à entretenir avec du bois vert. La pluie tombe. Ces feux sont d'ailleurs interdits aux avants-postes. La nourriture est dérisoire : seulement des biscuits, par contre, du vin à volonté, d'où l'expression qui deviendra populaire : « encore un canon que les Prussiens n'auront pas... ».

Le mot de passe pour la nuit étant Hoche-Huningue. D'Aurelle de Paladines a établi son quartier général au château du Grand Luz. Il établira le 10, vers 3 heures du matin, une dépêche pour annoncer la victoire à Gambetta ; une lettre pour sa femme puis il proclama l'ordre du jour à ses troupes et un rapport sur la bataille.

 

Quant à l'armée de Von Der Tann, une partie marcha toute la nuit ; certains régiments fatigués prendront un peu de repos avant de repartir dans la seconde moitié de la nuit. Le Régiment de la 5ème Brigade de Cavalerie Prussienne par exemple, dont le Général Von Baumbach, prenant un peu de repos, étendu sur de la paille à Gémigny, alors qu'il avait passé la nuit précédente dans un bon lit au château du Grand Luz.

Les soldats de Von Der Tann sont inquiets. Les sentinelles des Grands Gardes prononçant souvent : « Werda », équivalent à notre « qui vive ».

Won Der Tann, quant à lui se repose à St Péravy la Colombe dans le château de la Comtesse de Guercheville et il repartira avec son État-major, dans la seconde moitié de cette nuit pluvieuse.

 

Les soldats de l'armée de la Loire se couchent et s'endorment quelquefois dans la boue, quelques Régiments n'utilisent pas leurs tentes. Pendant ce temps, les aumôniers et les brancardiers parcourent le champ de bataille, les sauveteurs se dirigeant vers les blessés, tant français que bavarois, en entendant les appels, les plaintes et hélas, les râles.

D'ailleurs, les recherches devront être interrompues en raison de la pluie et des violentes rafales de vent. Des ambulances avaient été établies à Ouzouer le Marché, au château de Coulmiers, au château et à la chapelle de Luz.

A l'église, où à la lueur des cierges les habitants étendront un peu de paille et de foin sur les pavés froids de la nef et de la chapelle. La sacristie servant de bloc opératoire. A Baccon, dans l'église, l'école, à l'hôtel de l'Ecu de France, à l'auberge du Coq, au château de la Renardière. A Epieds, dans l'école, à l'église, ambulances également à St Ay, Cerqueux et dans de nombreuses fermes du champ de bataille. Le lendemain matin, soit le 10 Novembre, le jour se lève très lentement en raison du temps gris et triste, il fait froid, la pluie tombait lentement mais après cette nuit de trombes d'eau avec de la neige mêlée, les chemins, les champs ou les hommes campaient, étaient de vrais bourbiers, les soldats découvrant la terre collante de Coulmiers.

Il y avait même de l'eau dans les champs, les bouillons apparaissaient à la grande surprise des soldats. C'est donc dans la vase que les tentes sont pliées, des soldats sont à la recherche de bois pour rallumer en avant des faisceaux pour se sécher et se chauffer. L'Armée de la Loire est pitoyable dans cette gadoue. Les hommes qui n'ont pas dormi se lèvent avec la fatigue et la faim, beaucoup n'avaient pas mangé la veille au soir.

Le jour est triste, la température glaciale, l'incertitude qui règne n'arrange pas le moral des hommes occupés à nettoyer la vase des souliers, des couvertures.

Sur le champ de batailles, dans le parc, autour du parc, dans le bourg, se trouvent des armes, des gamelles, des bidons, etc...

Les bruits arrivent, avec la reprise d'Orléans. La retraite des Bavarois. La joie remplace l'incertitude confirmée par toutes les reconnaissances faites depuis que le jour est arrivé.

Les soldats blaguent : « Von DerTann a été tanné, qu'il est repoussé dans sa tanière Bavaroise etc.. »

 

La cloche de Coulmiers sonne à toute volée pour célébrer la victoire et la délivrance de la veille. La sonnerie du clairon retentit avec l'air à la mode, sur la coiffure du Maréchal Bugeaud.

« As-tu vu la casquette, la casquette, as-tu vu la casquette au père Bugeaud ».

 

Pendant ce temps, Von Der Tann prend ses distances avec l'Armée de la Loire. Néanmoins, dès le lever du jour, Jaureguiberry envoya une reconnaissance à St Sigismond. Un médecin en provenance de Patay signala le passage d'un convoi à St Péravy.

Le Commandant de Lambilly, chef de l'Etat Major Jaureguiberry se porte sur St Péravy avec une trentaine de hussards et 15 dragons.

Dans Lignerolles, les Français capturent :

2 canons, 1 forge, 25 caissons de munitions, 30 voitures de bagages dont la calèche du Général Von Schumacher, commandant la 2ème division d'infanterie de Von DerTann, 120 chevaux et font 130 prisonniers.

Pendant ce temps, les habitants décachent et démurent également, pour récupérer ce qu'ils avaient caché, d'autres recherchent les tués ou blessés, sans distinction : qu'ils soient Français ou Bavarois, aidant ainsi les brancardiers. Des charrettes et tombereaux sont réquisitionnés. Puis arrivent un grand nombre de voitures spéciales où flotte l'étendard de la croix de Genève. Ce sont les fourgons d'ambulances volantes envoyés par les hôpitaux pour évacuer les blessés vers Orléans, Meung sur Loire, Blois. Les brancardiers militaires vont alors se charger des blessés après cette nuit épouvantable. Seuls restèrent les blessés trop grièvement atteints donc non transportables. Certains vont mourir sur place.

 

Arrivent également d'Orléans et des environs, des prêtres, séminaristes, religieuses, venant aider les infirmiers sans oublier les bénévoles, les Généreux apportant quelques provisions, vin et eau de vie ayant survécus à la razzia de l'occupant. Il faut aussi relever et inhumer les morts. Les charrettes et tombereaux des habitants parcourent les champs détrempés, s'enlisant même. Il faut chercher et charger les corps, les bois, les vignes, les buissons sont fouillés. On s'imagine la vision de ces corps ayant passé jusqu'à 48 h à l'air et sous la pluie qui continue de tomber

Il n'était pas possible d'ouvrir une fosse dans de telles conditions, donc les corps des Français seront enterrés à côté des Bavarois dans une ancienne sablonnière dénommée « le trou ». Hélas, vu l'urgence des inhumations, il n'y eu aucun services, qu'ils soient religieux ou civils.

Ce qui n'empêche pas les centaines de curieux d'être présents et même gênants aux abords de la fosse commune. Ils doivent supporter la vision de voir arriver les tombereaux et charrettes, entassés de cadavres, bien souvent couverts de boue pour être déchargés à l'aide d'un crochet à manche de 3 ou 4 dents : le Quéroué, puis jetés dans un trou de plus de 4 mètres de profondeur : Français d'un côté, Bavarois de l'autre ; question : « à la mort n'y aurait-il donc plus d'ennemis ? ».

 

Il y avait les voleurs, les détrousseurs de cadavres. Ces rapaces parcourant également le champ de batailles. Les pertes du côté Français sont de 297 tués, 1418 blessés, dont certains décéderont des suites de leurs blessures. Les pertes de l'adversaire furent très inférieures, de fait qu'ils attendaient l'assaut des Français ; il y aura 102 tués, 1400 blessés dont certains mourront également des suites de blessures. Les pertes dues à l'artillerie seront assez modiques, du fait que le sol étant mou, les obus s'y enfonçaient quelquefois .

Il y aura 1600 prisonniers, dont 200 à Coulmiers ; beaucoup de blessés et de malades étant pris à Orléans. Les prisonniers de Coulmiers passant la nuit du 9 au 10 Novembre dans une clairière dénommée le carcan, puis seront dirigés vers Beaugency , Marchenoir . Coulmiers : victoire incomplète due en partie à l'erreur de la cavalerie du Général Reyau, qui n'a pas su exploiter le succès de l'infanterie, due en partie aux moblots de la Sarthe et de la Dordogne. Cette inaction de Reyau lui vaudra sa destitution. Victoire modérée par le manque d'audace de d'Aurelle de Paladines, en restant immobile, en prescrivant des dispositions plutôt défensives qu'offensives ; alors que numériquement, nous avions un net avantage. Victoire diminuée par l'habile stratégie du Général Von DerTann, rompant le combat à temps, évitant la division renforcée du Général Martin des Pallières qui devait lui couper la retraite alors qu'au Quartier Général de Von Molké, à Versailles, il y avait quelques craintes.

Néanmoins, cette bataille et victoire de Coulmiers, fut un sursaut et une lueur d'espoir au milieu des angoisses poignantes de l'invasion. Un éclat d'espérance vite éteint, une éclaircie de courte durée, un triomphe éphémère, malgré le retentissement immense dans toute la France ; les journaux prédisant des victoires prochaines. Coulmiers, fut tout de même un rayon de soleil dans la tourmente de cette année terrible, de cette retraite infernale et de cette défaite militaire annoncée, malgré les exploits du Général Faidherbe qui bouscula les Prussiens à Bapaume, le Général Bourbaki se distinguant à Villersexel. Coulmiers étant la seule bataille et victoire que nos adversaires ne nous aient point contesté

 

** Gérard LEMAITRE est né en 1937 à Coulmiers. Agriculteur retraité, il a été Maire de Coulmiers de 1989 à 2001. Passionné d'histoire notamment de la guerre de 1870, il est certainement un des meilleurs connaisseurs de cette période de notre histoire locale. °°°°°°°°

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