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Rouvray Sainte Croix: Les Cahiers de doléances

Auteur : Gaston  Créé le : 29/12/2013 22:31
Modifié le : 29/12/2013 22:49

Avertissement:!Le document reproduit ci-dessous est la transcription intégrale
des cahiers de doléances de cette commune, retrouvés aux Archives du Loiret 
par Jean-Claude DOLIVET chercheur et historien amateur d'histoire locale, 
que "loirebeauce-encyclopedia" tient à remercier.

Les Cahiers de Doléances de ROUVRAY-SAINTE-CROIX.

Dép. Loiret. Arr. Orléans. Con. Patay.
Gén. El. Gren. Dioc. Orléans.
.JOUSSE. — 39 feux. 180 communiants. Chapitre de Sainte-Croix. 2 ,justices, 
r. au b. d'Orléans. De Patay pour le marché et d'Orléans pour la poste 
aux lettres. 
Br. de Langennerie. A ... (le chiffre manque) lieues de Langennerie, 
5 d'Orléans et 1/2 de Patay. Route d'Aschères. Plaine. Beauce. 500 arpents 
de terres labourables. 3 arpents de vignes. Un hameau, qui est Moret. 
La cure est à portion congrue ; à la collation (lu chapitre de Sainte-Croix.

1768. — 46 feux. Chapitre de Sainte-Croix. Blé.
DÎME. — Terres labourables : une gerbe de 44 pouces par mine de 66 perches 
(de 20 pieds la perche).
TAILLE  de la paroisse en 1788.— 3,702 l 15 s., dont 1,795.15 pur le 
principal et 1,907 pour les impositions accessoires et la capitation.
Procès-VERBAL. — Assemblée électorale le samedi 28 février, au banc-d’œuvre 
de l'église, sous  la présidence de Guillaume-Anne Salomon de la Saugerie 
conseiller du roi, docteur-régent en l'Université d'Orléans, avocat en 
Parlement, bailli de la justice temporelle de Sainte-Croix d'Orléans.
-Population : 33 feux- Comparants : Jacques Soulas ; Pierre Chaufton 
(325.15 + 340.2) ; Denis Morize (118 +125,7) ; Michel Leroy (12 +12,15);
Jean Marotte (27 +28,15) ; Jean Chaintiou (9.15 +10,5);  
Pierre Lefort (64+68); Claude Gidoin (1) ; Charles Perrault (101.10 + 107.10);
Germain Echard (18.10 +19.13) ; Denis Lecomte (14,15 +15.13). — 
Députés : Denis Morize; Jean Chaintiou.

Population en  1790. - 152 habitants.

Messieurs, voilà l'objet de nos demandes :

Premièrement. — On demanderait que les tailles et autres impositions 
accessoires soient diminuées d'un quart, attendu que la paroisse est trop 
surchargée.

Secondement. — Un droit de champart levé sur la douzième partie des biens 
de ]aparoisse et une dîme qu'on n'en connaît (C'est-à-dire : dont on ne 
connaît pas)pas la jauge; les fermiers en prennent sans compte ni mesure, 
ce qui devient onéreux à la paroisse ; on demanderait qu'il y eût une 
règle de quarante à quarante-deux pouces (sous entendre par gerbe), 
ou l'évaluation en argent.

Troisièmement. — On demanderait que les voituriers et manœuvres pour 
la corvée fussent payés de leur salaire, attendu qu'une partie n'ont (sic) 
point de pain et travaillent le reste du jour pour rien ; car ce serait 
malheureux que de vouloir détruire le Tiers état que Sa Majesté regarde 
comme ses enfants, ce qui est digne d'un père tendre.

Quatrièmement. — On demanderait que le sel, qui est un des premiers 
aliments de la vie, fût libre et en commerce, parce qu'il est d'une cherté 
qui empêche le pauvre d'en user à son besoin, ce qui occasionne beaucoup 
de misère dans plusieurs familles.

Cinquièmement. — On demanderait qu'il n'y eût point de
mendiants, ce qui cause un grand libertinage à la jeunesse qu'on accoutume 
à mendier, font (les jeunes gens deviennent) des fainéants, ce qui 
occasionne à la suite des voleurs, et si chaque paroisse nourrissait 
ses pauvres, ça mettrait une grande tranquillité dans les provinces ;
De plus, la réforme de la justice, et que les causes soient jugées 
en dernier ressort clans la province ; la fixation des contrôles 
(C'est-à-dire : des droits de contrôle ) à une même somme pour toutes 
sortes d'actes, la suppression des frais d'aides. (C'est-à-dire : 
des frais occasionnés par les droits d'aides.) 

Sixièmement. — On demanderait que notre petite paroisse ne fût point 
supprimée pour être annexée à d'autres plus fortes ce qui occasionnerait 
que beaucoup [de] monde serait privé des instructions nécessaires à leur 
salut par le grand éloignement qui se trouverait, surtout dans les 
campagnes que (sic, pour où) les chemins sont impraticables, surtout en 
hiver; en outre, la grande dépense qu'on afaite pour réparer l'église et 
le presbytère qui serait une (sic) ouvrage perdue qui a coûté quatre à 
cinq mille livres qui a altéré (sic) les habitants.

Septièmement. — On demanderait que les fermiers ne soient point obligés 
aux réparations des églises et presbytères, ce qui leur cause une 
grande dépense, que changeant de paroisse à autre (C'est-à-dire : 
lorsqu'ils changent (passent) d'une paroisse à une autre), et on 
demanderait que ce fût les propriétaires qui paient les réparations.

Huitièmement. — On demanderait que les fiefs fussent supprimés, 
attendu que, dans nos campagnes, un particulier qui a un petit bien 
en fief, et père de quatre à cinq enfants, il peut se trouver que 
le fils aîné aura tout le fief et que les autres enfants n'auront rien: 
voilà la division de famille (C'est-à-dire : voilà la division qui 
éclate dans la famille).

On demande qu'il ne soit désormais levé aucun impôt sans le consentement 
des [États] généraux ;
L'établissement des États provinciaux et le retour périodique des 
États généraux,et que les voix y soient comptées par tête et non 
par ordre ;La défense de casser les baux et de réunir plusieurs fermes 
sur une même tête.

(Suivent 7 signatures : celles de Pierre Chaufton, Claude Gidoin, 
Michel Leroy, etc.)


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