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La Betterave:déjà plus de 210 années de culture

Auteur : gaston  Créé le : 31/07/2022 19:57
Modifié le : 02/08/2022 15:40
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Une fois les moissons terminées les couleurs de nos campagnes ont virées à l'ocre ou au marron, à l'exeption des champs de maïs et de betterave. Voici plus de deux cent dix ans que cette dernière a été introduite dans nos exploitations et fournit le sucre que chacun d'entre nous consomme régulièrement.

Suite aux différents que l'empire rencontrait avec la Grande Bretagne, les importations de mélasse de sucre de canne, indispensable à la fabrication des "Pains de sucre", ont été pertubées voir stoppées. LBE reproduit ci-après deux textes qui ont permis l'introduction et la culture de la betterave dans nos campagnes: Le décret de Berlin et celui des Tuileties en faveur de la Betterave.

DECRET DE BERLIN INSTITUANT LE « BLOCUS CONTINENTAL »

« En notre palais impérial de Berlin, le 21 novembre 1806.

Napoléon, Empereur des Français et Roi d’Italie, considérant :

  1. Que l’Angleterre n’admet point le droit des gens suivi universellement par tous les peuples policés ;

  1. Qu’elle répute ennemi tout individu appartenant à l’Etat ennemi et fait en conséquence prisonniers de guerre, non seulement les équipages des vaisseaux armés en guerre, mais encore les équipages des vaisseaux de commerce et des navires marchands et même les négociants qui voyagent pour les affaires de leur négoce.

Nous avons en conséquence, décrété et décrétons ce qui suit :

Article premier. Les Îles Britanniques sont déclarées en état de blocus.

Art. 2. Tout commerce et toute correspondance avec les Iles Britanniques sont interdits.

Art. 3. Tout individu sujet de l’Angleterre, de quelque état ou condition qu’il soit, qui sera trouvé dans les pays occupés par nos troupes, ou par celles de nos alliés, sera fait prisonnier de guerre.

Art. 4. Tout magasin, toute marchandise, toute propriété, de quelque nature qu’elle puisse être, appartenant à un sujet de l’Angleterre, sera déclaré de bonne prise.

Art. 5. Le commerce des marchandises anglaises est défendu ; et toute marchandise appartenant à l’Angleterre, ou provenant de ses fabriques ou de ses colonies, est déclarée de bonne prise. (…)

Art. 6. Aucun bâtiment venant directement de l’Angleterre ou des colonies anglaises ne sera reçu dans aucun port. »

 

DECRET IMPERIAL EN FAVEUR DU SUCRE DE BETTERAVE

 

« Au Palais des Tuileries, le 25 mars 1811

Napoléon, Empereur des Français, Roi d’Italie, Protecteur de la Confédération de Rhin, Médiateur de la Confédération Suisse, etc.

Sur le rapport de la commission nommée à l’effet d’examiner les moyens proposés pour naturaliser, sur le continent de notre Empire, le sucre, l’indigo, les cotons, et diverses autres productions des deux Indes

Sur la présentation qui nous a été faite d’une quantité considérable de sucre de betterave raffiné, cristallisé, et ayant toute les qualités et propriétés du sucre de canne ;

Sur la présentation qui nous a été également faite au conseil de commerce, d’une grande quantité d’indigo extrait de la plante du pastel, que produisent en abondance les départements du midi de notre Empire, lequel indigo a toutes les propriétés de l’indigo des deux Indes ;

Ayant droit de compter qu’au moyen de ces deux précieuses découvertes, notre Empire ne tardera point à être affranchi d’une exportation de cent millions, nécessaire jusqu’à ce jour pour fournir à sa consommation en sucre et en indigo,

NOUS AVONS DECRETE ET DECRETONS ce qui suit :

Art. 1er Il sera mis dans notre Empire, jusqu’à la concurrence de trente-deux mille hectares en culture de betteraves propres à la fabrication du sucre.

Art. 2. Notre ministre de l’intérieur fera la distribution de ces trente-deux mille hectares entre les départements de notre Empire, en prenant en considération les départements où la culture du tabac était établie, et dont les terres sont, par leur nature plus favorables à la culture de la betterave.

Art. 3. Nos préfets prendront des mesures pour que les quantités d’hectares affectés à leurs départements se trouvent en pleine culture cette année, et au plus tard l’année prochaine.

Art. 4. Il sera mis dans notre Empire, jusqu’à concurrence d’un nombre d’hectares déterminé ; en culture de pastel propre à la fabrication de l’indigo, et dans la proportion de la quantité nécessaire à nos manufactures.

Art. 5. Notre ministre de l’intérieur en fera la distribution entre les départements de notre Empire, en prenant particulièrement en considération les départements au-delà des Alpes et ceux du Midi, où cette culture a fait autrefois de grands progrès.

Art. 6. Nos préfets prendront des mesures pour que les quantités d’hectares affectés à leurs départements se trouvent en pleine culture au plus tard l’année prochaine.

Art. 7. La commission désignera, avant le 04 mai, les lieux les plus convenables pour l’établissement de six écoles expérimentales, où l’on enseignera la fabrication du sucre de betteraves, conformément aux procédés des chimistes.

Art. 8. La commission désignera également, et à la même époque, les lieux les plus convenables pour l’établissement de quatre écoles expérimentales, où l’on enseignera l’extraction de la fécule du pastel et de la fabrication de l’indigo, suivant les procédés approuvés par elle.

Art. 9. Notre ministre de l’Intérieur fera connaître aux préfets les lieux où seront placées ces écoles, et où devront être envoyés les élèves destinés à cette fabrication. Les propriétaires et cultivateurs qui voudront assister aux cours des dites écoles expérimentales, y seront admis.

Art. 10. Les sieurs Baruel et Isnard qui ont perfectionné les procédés de l’extraction du sucre de la betterave, seront spécialement chargés de la direction de deux des six écoles expérimentales.

Art. 11. Notre ministre de l’Intérieur leur fera donner en conséquence, en gratification, la somme nécessaire pour la formation desdits établissements, laquelle somme sera prise sur le fonds d’un million que nous mettons à la disposition du dit ministre, au budget de la présente année 1811, pour l’encouragement de la fabrication du sucre de betterave et de l’indigo du pastel.

Art. 12. A compter du premier janvier 1813 et sur le rapport que nous en fera notre ministre de l’Intérieur, le sucre et l’indigo des deux Indes seront prohibés et considérés comme marchandises de fabrication anglaise ou provenant du commerce de l’Angleterre ;

Art. 13. Notre ministre de l’Intérieur est chargé de l’exécution du présent décret. »

 

Signé NAPOLEON.

 

Pour l’Empereur :

Le Ministre Secrétaire d’état,

Signé H.B. Duc DE BASSANO

 

Pour expédition conforme :

Le ministre de l’Intérieur,

 

Comte de l’Empire, MONTALIVET.

 

 

 

 

 


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