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Petit Journal N°10 Charles PEGUY par Géraldi LEROY

Auteur : Poulot  Créé le : 12/07/2012 20:29

RETOUR EN ARRIERE

14ème Jeudi de l’Histoire

Jeudi 3 mars 2011

 

Péguy soldat et patriote

 

« Péguy n'a été aucunement surpris par la déclaration de guerre de 1914. Dès la crise de Tanger, il pressentait le conflit avec l'Allemagne comme inévitable. Dès lors, il n'a cessé de s'y préparer physiquement et moralement. Il s'entraînait régulièrement à la marche et accomplissait scrupuleusement ses périodes militaires. Toute sa pensée politique a été inspirée à partir de cette date de 1905 par la hantise du péril qui menaçait à ses yeux l'existence même de la France. D'où sa rupture fracassante avec Jaurès, jadis profondément admiré, dont le pacifisme lui apparaissait comme irréaliste et dangereux. Le 4 août, il convoie 3 000 soldats appartenant au 276e régiment d'infanterie de réserve au dépôt de Coulommiers où ils reçoivent leur équipement. Le 10 août, tous partent en Lorraine. Le lieutenant Péguy commande un peloton de 120 hommes qui occupent divers campements à proximité du front sans être engagés directement. Il se montre extrêmement zélé dans le service tout en restant cordial avec tous. A la suite de l'échec sanglant des offensives décidées par le haut commandement, l'armée française est contrainte à un repli précipité. À partir du 28 août, commence une épuisante retraite de jour et de nuit vers Paris, comportant des étapes de 40 à 50 kilomètres interrompues par des combats d'arrière-garde. Le 5 septembre, arrivé à Villeroy près de Meaux, le régiment reçoit l'ordre d'enlever la hauteur de Monthyon à la baïonnette. Cette opération impliquait une marche de 3 kilomètres rendue difficile par des champs de betteraves et d'avoines face à des nids de mitrailleuses bien dissimulés. En moins d'une heure, la compagnie de Péguy perdit les trois quarts de ses effectifs et ses trois officiers dont Péguy lui-même. Comment expliquer l'extraordinaire sursaut dont ont fait montre les combattants de la Marne ? On invoquera en premier lieu l'enseignement délivré par l'école primaire dans les débuts de la Troisième République. Grâce à la mère de Péguy qui a pieusement conservé les cahiers scolaires de son fils, nous pouvons mesurer la place centrale qui était dévolue au culte de la patrie. Dictées, rédactions, leçons d'histoire et d'instruction civique, récitations et chansons exaltaient les devoirs dus à la France, en particulier le devoir d'être soldat. Ainsi s'explique l'effacement des querelles civiles dans "l'union sacrée" et le consentement au sacrifice chez des hommes qui ont intensément communié dans le sentiment que leur pays était injustement attaqué ».

 

Géraldi LEROY

Professeur émérite à

l’Université d’Orléans


 



 

A noter : le Centre Charles Péguy, 11 rue du Tabour à Orléans, lieu de mémoire dédié à l’écrivain et intimement lié à cette ville. Des expositions temporaires donnent l’accès à la richesse des fonds conservés. De septembre à juin se tiennent les cafés littéraires (causeries, lectures théâtralisées, débats, etc.) sur l’histoire et la littérature entre 1870 et 1920.

Ouvert du lundi au vendredi de 14 h à 18h. Informations pratiques : Tél. 02 38 53 20 23


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