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Petit Journal N°18 Page 3

Auteur : Poulot  Créé le : 19/01/2016 14:51
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Retour en arrière. 22ème Jeudi de l’Histoire. ‘’Personnages insolites’’ . 12 mars 2015

 

Ferdinand Arnodin et les ponts à câbles.

 

Le premier pont suspendu en France a été construit par Marc Seguin en 1821 à Tournon sur le Rhône. Thomas Arnodin, contremaître chez Marc Seguin est envoyé en 1850 sur les bords de la Loire pour surveiller l’entretien et percevoir l’argent des péages. Il s’installe à Châteauneuf-sur-Loire. Il a un fils de 5 ans, Ferdinand, qui se passionne pour les activités du port puis étudie jusqu’au CNAM à Paris, avant d’être embauché comme inspecteur des ouvrages par Marc Seguin.

Les incidents sont nombreux sur ces ponts, le plus grave en 1850 le pont de Basse-Châine à Angers s’effondre faisant 226 morts. Ferdinand Arnodin réfléchit  aux remèdes à apporter jusqu’au jour de 1872 où il décide de fabriquer des ponts suspendus non plus au chantier, mais dans une usine qu’il installe à Châteauneuf-sur-Loire.

Il accompagne cette décision de plusieurs innovations dont la plus importante sera celle du câble à torsion alternative. En effet, jusque là les câbles des nappes porteuses des ponts étaient réalisés sur place en déposant les fils de fer parallèlement, un à un. Le câble Arnodin est réalisé en usine sur une câbleuse, machine de sa construction, par couches successives de fils, déposés en hélice, alternativement à gauche puis à droite. Coupés à longueur, équipés de culots en acier, à ses extrémités, il est transportable sans risque de détérioration et réglable à longueur au chantier. En 1879 il construit le premier ouvrage sorti d’usine suivant ses méthodes à St Ilpize sur l’Allier, il est suivi de beaucoup d’autres, pendant 50 ans il sera le principal constructeur français de ponts suspendus.

En 1887 il dépose un brevet d’invention pour un nouvel ouvrage « le pont à transbordeur », le même jour, à la même heure et le même texte, qu’un architecte espagnol, Alberto de Palacio. On est en droit de penser que Palacio a eu l’idée et qu’Arnodin a été le seul à l’époque, a maîtriser les techniques de fabrication et de construction d’un tel ouvrage. Ils construisent ensemble le transbordeur de Bilbao, un portique sous lequel roule un chariot portant, avec des câbles, 40 m plus bas, une nacelle, passant hommes et véhicules, d’un quai à l’autre. Il en construit sept en France, seul celui de Rochefort existe toujours, il a été remis en état et reçoit 40000 visiteurs par an.

En 1924 Ferdinand Arnodin décède  laissant l’usine à son fils Georges, et a son gendre Gaston Leinekugel le Cocq. Ce dernier, est le spécialiste des ponts Gisclard, pont suspendu dont les nappes porteuses sont composées de câbles entrecroisées lui donnant plus de rigidité. Il réalise de grands bâtiments à toiture suspendue à des câbles. En 1937, il installe définitivement la totalité des activités de la société Arnodin à Larches en Corrèze. En 1999 le Groupe Baudin Chateauneuf qui emploie plus de mille personnes, absorbe les  activités « Arnodin ».

Ferdinand Arnodin est connu principalement pour la construction de sept ponts à transbordeur alors que de 1875 à 1925 il a construit ou renforcé près de cinq cents ponts suspendus en France et dans le monde.                                                                                                     

En 2015, à Rochefort vous pouvez prendre le transbordeur, et à Chateauneuf-sur-Loire voir la salle Arnodin au musée de la marine de Loire.

Jean-Michel HERVE

           

 


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