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Petit Journal N°18 Page 4

Auteur : Poulot  Créé le : 06/02/2016 21:58
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Retour en arrière. 22ème Jeudi de l’Histoire. ‘’Personnages insolites’’ – 12 mars 2015

Abbé Pierre NOLLENT (1907-1990)


Pierre Nollent est né au mois d’août 1907 de l’union d’Eugène Nollent et Thérèse Chenesseau. Ceux-ci, avaient promis que si le Seigneur leur donnait un garçon ils le lui offriraient comme prêtre, s’il le désirerait. Pierre Nollent eut la vocation. A la déclaration de la « grande guerre »  son père fut  envoyé sur le front de l’Est, il y mourut en juillet 1915.

 

 En octobre 1925 il entrait au grand séminaire d’Orléans, l’un des rares à inclure dans ses enseignements une préparation militaire supérieure. Il fut ordonné prêtre le 21 juin 1931. Sa première paroisse fut celle de Chevilly, en 1931, dont dépendait un village sans église : Bucy-le-Roi. Grâce à son action une nouvelle église fut bénie le 20 mai 1934. En 1939 il fut nommé vicaire à St Laurent à Orléans puis mobilisé dans le Sud-Est pour rejoindre l’armée des Alpes. Il se retrouva dans un hôpital militaire installé dans le grand séminaire à Gap. De retour à Orléans en 1942 il devint curé de Boigny-sur-Bionne. En juin 1944 suite à la réquisition par les allemands de 40 hommes du village il résista et fut remis aux mains de la Gestapo et incarcéré à la prison d’Orléans. Il arriva à Artenay au début des années 50.  Il prit des initiatives dont les habitants d’Artenay se souviennent encore. En 1952 lors de la construction de la déviation  lui vint l’idée d’afficher les heures de messe sur un panneau à l’entrée d’Artenay. Il ne se doutait pas alors des difficultés qu’il allait rencontrer aussi bien des administrations qu’auprès de ses supérieurs ecclésiastiques. L’idée fit son chemin, fut retenue par d’autres communes et gagna l’ensemble du territoire. De nombreuses péripéties émaillèrent  la mise en place de cette initiative et le 4 mars 1956, à la cathédrale d’Orléans, eut lieu la bénédiction des panneaux. L’évêque glissa à l’oreille de l’abbé Nollent : « vous avez vu j’ai mis davantage d’eau bénite à celui d’Artenay ». Il en avait assez aussi que son presbytère serve de morgue pour les accidentés de la route : il en construisit une. Un aspect moins connu de son action fut celle de paléontologue. Les fossiles, datant de 20 millions d’années, découverts dans des carrières des environs d’Artenay conduisirent le Muséum national d’Histoire naturelle à ouvrir une école de fouilles paléontologique. Un des domaines qui lui tenant à cœur est celui du monde souterrain qu’il découvrit à partir des effondrements de la région orléanaise dont il eut connaissance dès 1926-27. Dans les années 1960 il créé la Société française des souterrains dont le siège social est toujours à Artenay. Il organisa des colloques en France et à l’étranger et une revue vit le jour Subterranea. La présence des souterrains aménagés, nombreux dans certaines régions françaises, en Autriche, en Allemagne, en Espagne l’ont conduit à se poser la question de leur finalité : refuge ou lieu rituel. La question reste posée aujourd’hui. Trois sites lui doivent leur mise en valeur : La Roche Clermault et son « orant » ; Dénezé-sous-Doué et ses centaines de sculptures ; Châtre-sur-Cher, un antre de sorcier au XIXe siècle.

 

L’abbé Nollent fut un homme remarquable, curieux de tout et fin observateur, d’une ténacité exemplaire. Il voyait vite où se situaient les problèmes, se consacrait à les résoudre sans penser aux difficultés qu’il était prêt à affronter.

 

Jacqueline LORENZ


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