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Carnet de route du Poilu Raymond JOUSSET: première partie Nov 1913 à déc 1915

Auteur : Gaston  Créé le : 30/03/2014 16:55
Modifié le : 07/04/2014 21:08

Avertissement:

Après le résumé chronologique de la guerre de Raymond Jousset, nous publions ci-après la première partie de son carnet de route allant de novembre 1913 à décembre 1915.

Le Poilu Raymond JOUSSET AU SERVICE DE LA FRANCE ,

Première partie de novembre 1913 à décembre 1915

Novembre 1913. Je suis de la classe 13, j'ai 20 ans. Je pars au régiment le 26 novembre 1913 au 76ème régiment d'infanterie à PARIS caserne Clignancourt 1 ère compagnie sous la nouvelle loi de trois ans, je prends souvent la garde avec ma compagnie, soit à L'Elysée, aux Finances ou à la Chambre des députés.

Raymond JOUSSET (X) à la caserne de Clignancourt le 5 décembre 1913

Décembre 1913 J'ai ma première permission à Noël.


 

1914. Fin février 1914 : j'ai la fièvre scarlatine je suis envoyé à l'hôpital Saint Martin où je passe tout le mois de mars, puis je pars en convalescence le 1er Avril pour un mois.

Au mois de MAI 1914, je rentre à ma compagnie, puis au mois de Juillet 1914 le 24 je suis envoyé en permission agricole de 15 jours, mais le 28 juillet, je suis rappelé car la guerre menaçait.

Le 6 août 1914 : c'est le départ à une heure du matin pour la guerre musique et drapeau en tête on embarque à la gare de la Villette à Paris en train.

Le lendemain vendredi 7 août on débarque à CHAUVONCOURT près de Saint Mihiel dans la Meuse, nous quittons Chauvoncourt à pied en passant à Saint Mihiel, Sampigny, Mécrin et arrivé à Marbotte pour la nuit en cantonnement. Le 8 août départ dans la matinée pour Apremont-la-Forêt nous faisons des manœuvres de défense dans les bois, retour en soirée à Marbotte pour la nuit Le dimanche 9 août nous restons en repos à Marbotte, le lundi 10 août nous quittons Marbotte à 3 heures en passant à Sampigny, Saint-Mihiel, la Croix-s-Meuse, Troyon on s'arrête pour une courte halte, il fait une chaleur terrible, puis, départ pour Ambly sur Meuse arrêt cantonnement pour la nuit.

Les 11 et 12 : nous sommes restés à Ambly-s-Meuse en repos

Le 13 : nous quittons Ambly-s-Meuse au matin et allons cantonner à Rupt-en-Woëvre,

Le 14 :nous quittons Rupt-en-Voèvre vers 3 heures toujours à pied, passant à Haudiomont, Ronvaux, Watronville, Chatillon, Moranville, Abaucourt, puis une grande halte à la ferme de Broville puis le départ pour cantonner à Fromezay pour la nuit.

Le 15 août : nous quittons Fromezay, nous passons à Etain puis en formation d'approche nous arrivons vers 10 heures à Eton, occupation et établissement de tranchées vers 15 heures une patrouille de Baroncourt signal des dragons ennemis, attaqués sur la route entre Baroncourt et Eton laissant un mort. Nous dormons notre première nuit en tranchée à la belle étoile, Le 16 août continuation de l'occupation de la localité d’Eton.

Le 17 : nous quittons Eton et allons cantonner Mogneville en arrière, les 18-19- 20 en repos à Mogneville.

Le 21 : nous quittons Mogueville à pied en passant par la forêt à Billy-s-St Mangiennes,

Muzeray-Dusey, Rouvrois-s-Othain, Longuyon et cantonnons, à Fermont pour la nuit.

Le 22 :nous quittons Fermont vers 4 heures passons à Montigny-s-Chiers suivant la rivière la Chiers jusqu'à Cons-la-Gredeville se dirigeant vers Longwy. Arrivé à Lexy, on prend formation de combat et occupons la côte 370, mon premier contact avec l'ennemi, je tire la première balle de mon fusil sur l'ennemi, il est 16 heures environ, puis le combat s'étant au bois du Pas Bayard pendant 2 heures environ.

Puis ordre est donné de se replier vers Longuyon passant à Tellancourt, on se couche dans les tas de blé auprès d'une ferme pour la nuit qui fut assez tranquille, à la belle étoile.

Le 23 : combat et marche en retraite sur Longuyon nous prenons positions sur les pentes ouest de la ville face à la vallée de la Chiers, l'après-midi marche en retraite à Noêrs,combat à la lisière du village.

Le 24 : combat dans le village de Noërs, marche en retraite sur St Laurent-s-Othain, Merles-Loison, Dombras puis dans les bois de Merles, établissement d'une position de défense pour la nuit, coucher dans un fossé à la lisière d'un bois à la belle étoile.

Le 25 août :après la nuit dans les bois de Merles, marche sur Villers-les-Mangiennes, l'après midi nous allons cantonner à Damvillers de l'autre côté des bois de Merles, on passa la nuit dans une grange.

Le 26 AOUT 1914 nous quittons le village de Damvillers pour Réville-aux-Bois puis marche en retraite passant à Sivry-s-Meuse nous traversons la Meuse vers midi passant par Dannevoux, Gercourt, Cuisy nous cantonnons à Malancourt pour la nuit.

Le 27 nous quittons Malancourt le matin passant à Montfaucon, Epinonville, Eclisfontaine Charpentry et allons cantonner à Baulmy, le régiment reçoit le 1er renfort de 1000 hommes.

Le 28 nous quittons Baulmy dans l'après midi et allons cantonner à Epinonville pour la nuit,

Le 29 nous quittons Epinonville passant à Romagne-sous-Montfaucon traversant les bois à l'ouest, passant à Landres, Sommerance et cantonnons à Fléville.

Le 30 nous quittons Fléville passant à Sommerance. Landres, Landreville, Bayonville, marche d'approche en formation de combat dans les bois de la folie et les ravins à l'ouest de Nouart traversant le village puis vers le nord à Les Champys revenons le soir cantonner à Nouart pour la nuit.

Le 31 nous quittons Nouart vers 3 heures et allons à Fossé au combat et gagne sous le feu de l'ennemi la côte et le bois à 2 km au nord du village, de dur combat sont engagé, repli sur Fossé dans la soirée pour la nuit.

Raymond JOUSSET en 1914

Septembre 1914 le 1er nous quittons Fossé passant à Bayonville, Imécourt, Champigueville, St Juvin, Fléville et nous cantonnons à Exermont pour la nuit.

Le 2 nous quittons Exermont et allons s'établir en position à la ferme Tronsol attaqué à 10 heures nous défendons la position jusqu'au lendemain matin.

Le 3 nous quittons nos positions au petit jours allant à la ferme Exmorieux, puis Eclisfontaine, Charpenry, Varennes-en-Argonne, Boureuilles, Neuvilly-en-Argonne, Clermont-en-Argonne et cantonnons aux Islettes pour la nuit, on couche le long du mur de l'église dans du foin à la belle étoile.

Le 4 nous quittons les Islettes suivant la vallée de la Biesme, mise en position d'attente au Neufour puis retour au Islettes pour la nuit coucher dans le foin à la même place. Le 5 nous quittons les Islettes vers 2 heures passant à Futeau, Brizeau, Triaucourt, Foucaucourt-s-Thabas, Evres, replis dans la soirée sur Triaucourt sous les bombardements d'obus puis Vaubécourt et gagne la ferme de Brouesne en cantonnement pour la nuit. Le 6 nous prenons position à la lisière du bois, attaqués à 9 heures nous nous replions en combattant sur Vaubécourt où je suis blessé, traversé par balle à la fesse gauche je gagne le poste de secours où l'infirmier me fait un pansement et m'envoit en voiture sanitaire jusqu'à Condé en barrois. Là un médecin major, après m'avoir examiné me dit de gagner Bar-le-Duc avec plusieurs autres blessés, je pars en carriole réquisitionnée pour Bar-le-Duc, arrivé à Bar-le duc sur le quai de la gare des infirmières nous donnent du pain et des confitures car on avait pas mangé de la journée, toujours dans le même pansement.

Le 7 je prends le train avec d'autres blessés dans des wagons à bestiaux pour être évacués dans le midi 5 jours sans soins car quelque fois le train se garait pour laisser passé les convois de renfort ou de munitions, des blessés mourraient, pour d'autres, c'était la gangrène enfin.

Le 14 nous arrivons à Montpellier dans la caserne du 56ème d'Artillerie faisant hôpital ou je suis soigné pendant 4 jours.

Le 18 emmener à Lamalou-les-Bains dans un hôpital ou je fus soigné, ne pouvant pas marché.

Pendant sa convalescence à Lamalou les Bains avec  les autres convalescents et le personnel médical 

Décembre 1914

Le 3 Décembre je quitte l'hôpital de Lamalou-les Bains et rejoint le dépôt à Rodez, je reste là jusqu'au 12 mars 1915.

Mars 1915

Le 13 Mars départ de Rodez pour le front en train.

Le 15 Mars arrivé au front, à mon régiment, à Aubrevilles, près de Vauquois à ma Compagnie la 1ère du 76ème je retrouve plus que 6 où 7 copains du début que je connaissais, les autres sont blessé ou mort, disparu, évacué aussi.

Le 16 mars 1915 je monte en tranchée en Argonne pour la 1ère fois nous relevons le 131ème d'infanterie à Vauquois au Nord-Ouest.

Les 17-18 occupations des tranchées, travaux d'organisation jusqu'au 20 Mars nous nous battons beaucoup à la grenade.

Le 21 dans la nuit du 20-21 mars nous progressons d'une dizaine de mètre dans le village de Vauquois et occupe le mur Sud de l'église sans perte, après divers combat dans Vauquois nous sommes relevés par le 46ème et nous allons cantonner à Courcelles près d'Aubreville.

Le 28 nous quittons Courcelles pour occuper à Vauquois le secteur Nord-Ouest jusqu'au 1er Avril.

Avril 1915

Le 2 nous sommes relevés par le 13lème d'infanterie dans la nuit et allons cantonner à Aubreville jusqu'au 10 avril.

Le 11 nous quittons Aubreville dans la soirée pour aller occupé le camp Mougin situé au rendez-vous de chasse en Forêt de Hesse en réserve de Vauquois.

Le 15 nous quittons cet emplacement dans la soirée pour occuper Vauquois, le secteur Ouest jusqu'au 19 avril.

Le 19 nous sommes relevés dans la nuit du 19 au 20 par le 46éme nous allons cantonner à

Vraincourt près de Clermont en Argonne jusqu'au 26.

Le 27 nous allons au bois noir en tranchée à l'Ouest de Vauquois.

Mai 1915

Le 5 nous sommes relevés dans la nuit pour aller cantonner à Clermont en Argonne.

Du 13 au 16 transport de matériel et munitions à Vauquois.

Le 19 une mine Allemande saute dans mon secteur les 3 officiers de la compagnie sont bloqué dans leurs abris, nous interdisons l'accès à l'ennemi, 14 hommes sont ensevelis nous les retirons pendant la nuit il y eu 4 tués et 3 disparus.

Le 21 nous sommes relevés et allons cantonner à Courcelles en repos après ses durs combats.

Juin 1915

Le 1er Juin nous quittons Courcelles pour revenir à Vauquois en plein centre du village avec des
combats entre les maisons à la grenade etc

Le 6 à lieu au secteur Ouest ou je trouve une attaque au moyens de jet de pétrole enflammé pour prendre un élément de tranchée, l'attaque n'a pas réussi car le vent étant contraire on n'a pas atteint la tranchée ennemie, c'était terrible les flammes revenaient sur nous. Par la suite nous subissons un violent bombardement qui dure toute la nuit du 6 au 7 juin, le matin du 7, nous sommes relevés et allons occuper les tranchées au plateau de Bolante en pleine forêt d'Argonne puis à la Haute Chevauchée, le ravin des Meurrissons, après avoir combattu pendant trois mois à Vauquois.

Le 9 nous allons cantonner à Clermont-en -Argonne ou je suis nommé caporal, le secteur est assez tranquille.

Le 12 départ de Clermont-en-Argonne à 2h30 pour la Chalade, arrivés là, nous allons occuper les abris au lieudit la Sapinière.

Le 14 nous quittons cet emplacement pour le secteur de la Corniche pendant une quinzaine de jours.

Juillet 1915

Le 1er Juillet nous sommes relevés dans la nuit du 1er au 2 et allons au Islettes puis allons à Lachalade, passant à Le Neufour, et Le Claon.

Le 7 retour secteur de la Corniche en tranchée.

Le 13 juillet une violente attaque allemande où je me trouve, précédée d'un bombardement au gaz asphyxiant à la côte 263, c'est la première fois que l'on en reçoit, mais nous n'avons pas bougé de place, nous avons résisté.

Le 19 nous sommes relevés à l'aube et allons cantonner à Lachalade puis à Le Claon.

Le 21 nous quittons Le Claon pour aller sur le plateau de Bolante en 1ère ligne où les combats font rages, c'est très dur.

Le 24 juillet 1915 nous sommes relevés dans la nuit pour aller aux Islettes au repos.

Le 27 nous quittons les Islettes pour les abris à la Forestière sur les pentes de Courtes Chausses.

Août 1915

Le 7 Août nous sommes relevés dans la soirée et allons cantonner au Claon en repos.

Le 14 retour en forêt d'Argonne, à la Haute Chevauchée puis le plateau de Bolante.

Le 27 nous sommes relevés dans la soirée du plateau de Bolante pour aller au Claon au repos

Septembre 1915

Le 2 Septembre nous retournons à la Forestière dans les abris au combat.

Le 5 travaux d'organisation du barrage de Lachalade.

Le 8 occupé aux corvées.

Le 15 nous sommes relevés et allons cantonner à Futeau.

Le 19 nous quittons Futeau dans l'après midi et allons cantonner au village les Vignettes.

Le 23 nous quittons les Vignettes à 13 heures pour se rendre par de grande tranchée à Florent-en-Argonne, puis la Croix-Gentin, où j'attappe une balle dans la semelle de mon soulier qui ne m'a pas blessé qu'une égratignure, j'arrive enfin à Vienne-la-Ville.

Le 24 préparation pour une attaque.

Le 25 nous attaquons à 2 heures sur le village St Thomas-en-Argonne, à 9 heures l'attaque est furieuse, ne pouvant progresser, l'ennemi résiste, à 14 heures nouvelle attaque du 76 ème à cheval sur le boyau, un désordre sous le feu de l'ennemi n'a pas réussi, dans la forêt des Haut-Batis nous nous replions entre Florent-en-Argonne et Ste Menehould.

Octobre 1915

Le 3 Octobre nous quittons le camp de Florent-en Argonne à 22 heures pour aller cantonner à Courtémont, passant à Moiremont, la Neuville-au -Pont et Maffrécourt.

Le 9 nous quittons Courtémont pour Varimont passant à Valmy, Dampierre-le-Chateau et

Dommartin.

Le 19 nous quittons Varimont à 6 heures et allons occuper les abris des Sapins par Herpont, Auve, La Croix- en-Champagne, Somme-Tourbe, arrêt pour une pose, puis St Jean-s-Tourbe, Laval-s-Tourbe, Warguemoulin - Hurlus.

Le 25 nous sommes relevés et emmenés en autobus, cantonner à Belfontaine à côté de Futeau.

Novembre 1915

Le 3 nous retournons au front en forêt d'Argonne au combat.

Le 8 je suis évacué malade, ayant les oreillons à Nubécourt, pour y être soigné.

Décembre 1915

Le 1er décembre de retour au Claon, je vais en 1ère ligne jusqu'au 15, le 15 j'ai une permission de 6 jours c'est la première depuis que je suis au front.

 

Le 21 de retour au Claon je repart en 1ère ligne tous les 6 jours, les combats de tranchée se poursuivent toujours dans la forêt de Lachalade. 

 


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