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Général Louis HURAULT: un enfant du Pays, créateur de l,IGN

Auteur : rplb  Créé le : 12/05/2013 08:34
Modifié le : 17/01/2015 12:42

  

Les photos sont issues de la documentation de Mr Pierre FRENAY, ingénieur des Travaux Cartographiques et Géographiques de l’État

Nota : Des précisions ont été apportées sur la date et les lieux de prise des photos d'Ariste et Louis HURAULT, suite aux remarques de Michel ROCHE, ancien élève de l'école communale d'Attray. LBE le remercie

 

 

Le général Louis HURAULT est, et restera pour l'histoire, le créateur de l'Institut Géographique National (IGN).

 

Louis Aristide Alexandre HURAULT naît le 8 août 1886 à Attray, petite commune du Pithiverais. Il suit l'enseignement de son père Ariste alors instituteur.

Ariste HURAULT, père de Louis, instituteur à Attray en 1907

Ariste HURAULT né à Sougy le 1er février 1849, où il sera instituteur après Attray. Il y meurt le 24 janvier 1919 et y est enterré. Léonie Alexandrine CHATELIN, son épouse, mère de Louis décède le 30 août 1927. Elle aussi repose au cimetière de Sougy

Louis HURAULT, dans la classe de son père à Attray vers 1905

Louis HURAULT entre à Polytechnique en 1906, puis devient artilleur, avec le brevet d'observateur en avion, déjà en 1910. Affecté d'abord au Maroc, dans l'artillerie de montagne, il revient en France en 1914, lieutenant dans une batterie de 105.

Le 8 mai 1916, il épouse Louis Marcelle BARTHE à Vincennes.

En 1916, il est à Verdun, est blessé et reçoit la légion d'honneur. Affecté ensuite quelques temps à un état-major d'artillerie, il y développe la méthode des tirs d'après la carte, avec utilisation des photographies aériennes.

En 1919, il est affecté au service géographique de l'armée (SGA), où il commande la section des instruments et du laboratoire d'optique. Intelligent, travailleur, bon organisateur, tenace, il commande son service avec une efficacité remarquable, créant de nombreux instruments, à la fois simples et performants.

Il a un grand projet : se servir de photographies aériennes pour accélérer (disons dans un rapport 5) la confection de la nouvelle carte de France à 1/50 000, qui doit remplacer la carte d’État-major, devenue totalement obsolète. Commencés vers 1900, les travaux ont été très lents, faute de moyens et de méthode performante : on emploie toujours le lever direct à la planchette, comme aux siècles précédents. En 1920, pas même 1/20 du territoire n'a été levé. La France a un retard énorme sur ses voisins.

L'utilisation de photographies aériennes permettrait d'aller beaucoup plus vite, et un appareil permettant de transformer géométriquement ces photos en carte vient d'être conçu. Le commandant HURAULT s'emploie avec acharnement à faire réaliser cet appareil dit de restitution, ainsi qu'à imaginer et mettre au point tous les maillons de la nouvelle chaîne de fabrication. La première carte sort en 1932. Les années suivantes sont consacrées à perfectionner matériels et méthodes.

En 1937, après un passage dans un régiment d'artillerie, le colonel HURAULT revient au service géographique de l'armée, cette fois comme directeur. Sa décision est prise de substituer la nouvelle méthode au procédé classique. Mais cela entraîne des changements considérables : il faut des moyens lourds (avions, appareils de restitution...), des personnels spécialisés et stables, et beaucoup de crédits.

L'état-major est un peu réticent. Le général HURAULT pense que cela est lié en partie au fait que la nouvelle carte, détaillée, précise, pourrait intéresser bien d'autres secteurs que l'artillerie (aménagement du territoire, réseaux de communication, travaux publics, urbanisme...) en sorte que le financement devrait provenir de plusieurs sources et que le service devrait plutôt être rattaché à un ministère civil.

En 1939, c'est la guerre. Le SGA imprime massivement des cartes. Puis, en juin 1940, c'est la défaite. Le général HURAULT a une idée géniale, transformer avant l'armistice le SGA en un organisme civil. Cela permettrait de soustraire matériels et archives (levés et stocks de cartes) aux Allemands et permettrait le rattachement à un ministère civil.

Par un véritable tour de force, il parvient à faire signer à Bordeaux, le 27 juin 1940, un décret supprimant le service géographique de l'année et créant l'Institut Géographique National, rattaché au ministère des travaux publics.

Fort de cette décision, il obtient de la commission d'armistice, à Wiesbaden, la remise à l'IGN de la plupart des archives et des matériels du SGA dissout.

Mais tout restait à faire. Il commence par faire préparer et signer les divers lois, décrets et arrêtés organisant le nouveau service et l’École Nationale des Sciences Géographiques. L'occupation se passe tant bien que mal, notamment à récupérer et regrouper tout ce qui est possible.

En 1944, l'IGN fournit avec efficacité des milliers de cartes aux années alliées. Après un passage difficile en 1946, suit enfin une période de plein rendement et d'expansion considérable, au cours de laquelle tout se développe rapidement. L'IGN devient un service géographique modèle et renommé.

En 1956, quand le général HURAULT prend sa retraite, il peut être fier de l’œuvre accomplie, la production annuelle de la carte de base en France est passée de moins de 3000 à plus de 16000 km2 (elle sera terminée en 1975).

 

La carte des colonies et des territoires d'outre-mer, œuvre remarquable, est pratiquement achevée. L'IGN, bien structuré, efficace, doté d'un personnel motivé et compétent, est paré pour continuer sa mission.

 

Telle fut l’œuvre du général HURAULT, et en fait sa vie, tant les deux choses se confondent pour ce travailleur acharné et cet être aux qualités exceptionnelles.

 

Le général Louis HURAULT s'est éteint le 2 novembre 1973 à Vincennes

 

Michel DECK

Ingénieur géographe.


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