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Une Médaile d'or pour un cultivateur de Charsonville en 1877

Auteur : Gaston  Créé le : 13/05/2019 16:06
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LBE reproduit ici un article du Journal du Loiret que nous a communiqué Patrick THAUVIN historien local de Charsonville relatant l'attribution, au ntitre de l'année 1877,  de la médaille d'or de grande culture à M. POISSON cultivateur à Meslon commune de Charsonville

M Poisson cultive à Meslon, commune de Charsonville, une ferme de 200 hectares, dont l’organisation nous a paru excellente : large cour, vastes logis, bon aménagement, rien ne manque.

Dans ce pays, ou les soleil est brûlant et les puits profonds, une pompe à trois corps, établie par un ingénieux constructeur de Meung, M Marin, et mue par un manége à cheval, élève l’eau dans un réservoir de plus de 80 hectolitres. De là, par un système de tuyaux, très bien combiné, elle se répand dans les bâtiments d’exploitation et va remplir un abreuvoir semi-circulaire, très heureusement disposé : un flotteur, qui règle la communication entre le réservoir et l’abreuvoir, maintient l’eau dans ce dernier, à même niveau et par conséquent à une température toujours égale. Dans l’étable, spacieuse et bien aérée, un large passage pavé permet de circuler derrière les vaches et de les soigner facilement ; le purin, recueilli dans des conduits, s’écoule dans une fosse placée près de la porte. En dehors de la cour, un vaste hangar, de haute dimension et d’un abord aisé, renferme les charrettes et les instruments perfectionnés, tels qu’un extirpateur, un semoir Palante, une moissonneuse Samuelson et permet, au besoin, de mettre à l’abri des voitures chargées de récoltes. 20 vaches, 1 taureau, 10 chevaux, 500 moutons environ constituent le bétail de la ferme ; les moutons sont l’objet d’un commerce actif : depuis le mois de janvier, M Poisson en a vendu déjà 800, mais en les remplaçant au fur et à mesure de la vente, afin de conserver toujours le même chiffre du troupeau.

L’assolement de Meslon est, comme presque partout dans cette contrée, l’assolement triennal, avec quelques modifications. Le père de M Poisson, qui l’a précédé dans la ferme et qui en est propriétaire, faisait beaucoup de blé ; M Poisson s’efforce, au contraire, d’augmenter la production des fourrages ; il a, cette année, 22,5 hectares de sainfoin et de luzernes (sans compter les trèfles incarnats)et en outre 5 hectares environ de carottes et betteraves d’une très belle venue et 5 hectares de pommes de terre pour la nourriture des bestiaux, contre 34 hectares seulement de blé, ses blés d’ailleurs, semés en ligne par le semoir Palante, sont magnifiques.

Derrière sa ferme et sur l’emplacement d’anciennes carrières, M Poisson a créé en 1873 un jardin qui lui fournit des légumes et des fruits ; le terrain a été soigneusement nivelé, et remblayé sur certains points avec 2m de terre neuve. Un bassin, alimenté par la pompe dont nous avons parlé, permet de copieux et faciles arrosages. Aussi tout pousse-t-il avec vigueur dans ce sol profond et ameubli ; les murs qui enclosent le jardin sont garnis d’espaliers de poiriers, pêchers, cerisiers d’une végétation luxuriante bien taillés et couverts de fruits malgré leur jeunesse ; des pommiers, dirigés en cordon horizontaux ou en double palmette, entourent les divers carrés.

Il n’y a que 5 ans environ que M Poisson est à la tête de cette ferme ; mais il a, en si peu de temps, réalisé déjà d’importantes améliorations. Les terres sont labourées et défoncées avec soin, les animaux bien tenus, les bâtiments admirablement organisés. La commission n’hésite pas à décerner à M Poisson la médaille d’or de grande culture.

 

 


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