Rouvray Sainte Croix: Les Cahiers de doléances
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Créé le : 29/12/2013 23:31
Modifié le : 27/05/2024 20:31
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Avertissement:!Le document reproduit ci-dessous est la transcription intégrale
des cahiers de doléances de cette commune, retrouvés aux Archives du Loiret
par Jean-Claude DOLIVET chercheur et historien amateur d'histoire locale,
que "loirebeauce-encyclopedia" tient à remercier.
Les Cahiers de Doléances de ROUVRAY-SAINTE-CROIX.
Dép. Loiret. Arr. Orléans. Con. Patay.
Gén. El. Gren. Dioc. Orléans.
.JOUSSE. — 39 feux. 180 communiants. Chapitre de Sainte-Croix. 2 ,justices,
r. au b. d'Orléans. De Patay pour le marché et d'Orléans pour la poste
aux lettres.
Br. de Langennerie. A ... (le chiffre manque) lieues de Langennerie,
5 d'Orléans et 1/2 de Patay. Route d'Aschères. Plaine. Beauce. 500 arpents
de terres labourables. 3 arpents de vignes. Un hameau, qui est Moret.
La cure est à portion congrue ; à la collation (lu chapitre de Sainte-Croix.
1768. — 46 feux. Chapitre de Sainte-Croix. Blé.
DÎME. — Terres labourables : une gerbe de 44 pouces par mine de 66 perches
(de 20 pieds la perche).
TAILLE de la paroisse en 1788.— 3,702 l 15 s., dont 1,795.15 pur le
principal et 1,907 pour les impositions accessoires et la capitation.
Procès-VERBAL. — Assemblée électorale le samedi 28 février, au banc-d’œuvre
de l'église, sous la présidence de Guillaume-Anne Salomon de la Saugerie
conseiller du roi, docteur-régent en l'Université d'Orléans, avocat en
Parlement, bailli de la justice temporelle de Sainte-Croix d'Orléans.
-Population : 33 feux- Comparants : Jacques Soulas ; Pierre Chaufton
(325.15 + 340.2) ; Denis Morize (118 +125,7) ; Michel Leroy (12 +12,15);
Jean Marotte (27 +28,15) ; Jean Chaintiou (9.15 +10,5);
Pierre Lefort (64+68); Claude Gidoin (1) ; Charles Perrault (101.10 + 107.10);
Germain Echard (18.10 +19.13) ; Denis Lecomte (14,15 +15.13). —
Députés : Denis Morize; Jean Chaintiou.
Population en 1790. - 152 habitants.
Messieurs, voilà l'objet de nos demandes :
Premièrement. — On demanderait que les tailles et autres impositions
accessoires soient diminuées d'un quart, attendu que la paroisse est trop
surchargée.
Secondement. — Un droit de champart levé sur la douzième partie des biens
de ]aparoisse et une dîme qu'on n'en connaît (C'est-à-dire : dont on ne
connaît pas)pas la jauge; les fermiers en prennent sans compte ni mesure,
ce qui devient onéreux à la paroisse ; on demanderait qu'il y eût une
règle de quarante à quarante-deux pouces (sous entendre par gerbe),
ou l'évaluation en argent.
Troisièmement. — On demanderait que les voituriers et manœuvres pour
la corvée fussent payés de leur salaire, attendu qu'une partie n'ont (sic)
point de pain et travaillent le reste du jour pour rien ; car ce serait
malheureux que de vouloir détruire le Tiers état que Sa Majesté regarde
comme ses enfants, ce qui est digne d'un père tendre.
Quatrièmement. — On demanderait que le sel, qui est un des premiers
aliments de la vie, fût libre et en commerce, parce qu'il est d'une cherté
qui empêche le pauvre d'en user à son besoin, ce qui occasionne beaucoup
de misère dans plusieurs familles.
Cinquièmement. — On demanderait qu'il n'y eût point de
mendiants, ce qui cause un grand libertinage à la jeunesse qu'on accoutume
à mendier, font (les jeunes gens deviennent) des fainéants, ce qui
occasionne à la suite des voleurs, et si chaque paroisse nourrissait
ses pauvres, ça mettrait une grande tranquillité dans les provinces ;
De plus, la réforme de la justice, et que les causes soient jugées
en dernier ressort clans la province ; la fixation des contrôles
(C'est-à-dire : des droits de contrôle ) à une même somme pour toutes
sortes d'actes, la suppression des frais d'aides. (C'est-à-dire :
des frais occasionnés par les droits d'aides.)
Sixièmement. — On demanderait que notre petite paroisse ne fût point
supprimée pour être annexée à d'autres plus fortes ce qui occasionnerait
que beaucoup [de] monde serait privé des instructions nécessaires à leur
salut par le grand éloignement qui se trouverait, surtout dans les
campagnes que (sic, pour où) les chemins sont impraticables, surtout en
hiver; en outre, la grande dépense qu'on afaite pour réparer l'église et
le presbytère qui serait une (sic) ouvrage perdue qui a coûté quatre à
cinq mille livres qui a altéré (sic) les habitants.
Septièmement. — On demanderait que les fermiers ne soient point obligés
aux réparations des églises et presbytères, ce qui leur cause une
grande dépense, que changeant de paroisse à autre (C'est-à-dire :
lorsqu'ils changent (passent) d'une paroisse à une autre), et on
demanderait que ce fût les propriétaires qui paient les réparations.
Huitièmement. — On demanderait que les fiefs fussent supprimés,
attendu que, dans nos campagnes, un particulier qui a un petit bien
en fief, et père de quatre à cinq enfants, il peut se trouver que
le fils aîné aura tout le fief et que les autres enfants n'auront rien:
voilà la division de famille (C'est-à-dire : voilà la division qui
éclate dans la famille).
On demande qu'il ne soit désormais levé aucun impôt sans le consentement
des [États] généraux ;
L'établissement des États provinciaux et le retour périodique des
États généraux,et que les voix y soient comptées par tête et non
par ordre ;La défense de casser les baux et de réunir plusieurs fermes
sur une même tête.
(Suivent 7 signatures : celles de Pierre Chaufton, Claude Gidoin,
Michel Leroy, etc.)