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Journal d'un poilu de Vilamblain à son fils: 2ème partie (année 16)

Auteur : Gaston  Créé le : 11/04/2021 19:24
Modifié le : 11/04/2021 19:29
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Gilbert CHAVIGNY ( 1881-1967 ) grand-père de notre ami Gilbert CHAVIGNY historien local des communes de La Chapelle Onzerain et de Vilamblain, a entretenu une correspondance avec un ami de sa classe à Vilamblain, G CHATEIGNIER, en lui demandant de la transmettre à son fils René né deux mois après son appel sous les drapeaux

Ci-dessous la deuxième partie :l'année 1916

La grande guerre 1914-1918 Gilbert Chavigny (23.03.1881-12.07.1967)

 

3 février 1916,

Depuis que je t’ais écrit nous avons beaucoup voyagé, nous avons fait des manœuvres de brigade, de division et de corps d’armée aux environs de Beauvais, maintenant je suis à Baux dans la Somme, nous y sommes venus assez précipitamment, on nous a conduit en auto, nous avons embarqué à minuit, j’ai compris tout de suite que ça ne sentait pas bon, en effet les boches avaient attaqués et les pauvres territoriaux qui occupaient le secteur ont eus une fameuse frousse et ne s’attendaient pas à cela car il n’y avait jamais eut d’attaque à cet endroit, malgré cela ils ont assez bien résisté sauf un endroit où ils ont laissé prendre un petit village et se sont fait prendre 800 prisonniers, en arrivant il a fallu contre-attaquer, nous avons eu de la chance de ne pas être désignés, c’est le 22em et 24em colonial qui a marché, l’affaire a pas mal marché, ils ont repris le village et même plus et fait 500 prisonniers, nous avons eu quelques pertes car il est passé plusieurs voitures de blessés, les boches ont perdu beaucoup, parait-il les cadavres se touchent, je ne sais pas si nous allons rester pour occuper le secteur, j’aimerai autant car il serai moins mauvais que Massiges. Tu as du voir sur le journal que le zeppelin était venu sur Paris. Et nos bons aviateurs que font-ils ?, leurs veilles, leurs rondes, où les font-ils, au concert ou au théâtre, comme nous sommes bien gardés ! comme les gens de l’arrière peuvent dormir en sécurité !…Et que leur sera-t-il fait à tous ses messieurs qui laissent massacrer les gens faute de veiller le pauvre soldat qui est aux avant-postes et si le sommeil le gagne et qu’il se trouve pris, il passe au conseil de guerre, on demande contre lui la peine de mort, ces messieurs de l’arrière s’en tireront à peu de frais et sans beaucoup de peine.

13 mars 1916,

Je ne crois pas pouvoir t’écrire de sitôt étant toujours aux tranchées et guère de temps à disposer, aujourd’hui je me suis dépêché de manger pour causer un peu avec toi, nous avons une heure le midi, on fait toujours des boyaux, les boches nous marmitent de temps en temps, mais comme nous sommes sous bois ils ne peuvent pas bien régler leurs tirs. Depuis plusieurs nuits on ne travaille pas, notre colonel a tout de même vu que nous étions fatigués, il a dit que nous ne pouvons pas travailler jour et nuit, ce matin il est venu nous voir mais comme les balles sifflaient, il n’est pas resté longtemps. Tu dois voir les journaux mais il n’y a pas beaucoup à y croire, ils racontent tout à notre avantage, du coté de Verdun les combats continuent toujours, les boches ont beaucoup avancé, beaucoup plus qu’ils n’auraient du, car leur fameuse attaque on s’y attendait et on avait massé des troupes pour les recevoir, il y avait d’après les dire, 11 corps d’armée et beaucoup d’artillerie. L’avance qu’ils ont faite ne vient pas de ce que nos pauvres soldats n’ont pas bien marché, mais du haut commandement, il y a trois généraux qui ont été relevés de leur commandement, leurs noms ont été dis mais je ne veux pas les mettre sur ma lettre. A notre droite depuis plusieurs soirs cela tape dur aussi, surtout cette nuit les canons tapent, on ne distinguait plus les coups, ce n’était qu’un roulement, ah les pauvres gars qui étaient sous cette mitraille… Depuis plus de 8 jours, il débarque une masse d’anglais à Amiens avec de l’artillerie, ils vont parait-il, regarnir leur front, ils prendront donc le secteur où nous sommes et pourquoi n’attaquent-ils pas pour nous décharger du coté de Verdun, ils s’en tirent du mieux qu’ils peuvent et si on vient à être vainqueurs, ce ne sera pas eux les moins gourmands.

L’Allemagne a déclaré la guerre au Portugal, elle ne s’en trouve pas encore assez sur le dos, les journaux nous ont fait croire que la Turquie demande la paix, pour nous tout cela est du bluff auquel il ne faut pas y apporter d’importance.

30 mai 1916,

Depuis quinze jours mon régiment occupe un nouveau secteur, mais nous sommes assez tranquilles, beaucoup mieux que nous étions avant d’aller en permission, au début que le régiment est arrivé à ce secteur, les boches avaient mis une grande pancarte où il y avait dessus : heureux les français qui seront vivants le 22 mai.

Cette pancarte est restée quelques jours et elle a été remplacée par trois drapeaux : un allemand, un autrichien, un turc, on avait promis 15 jours de permission à celui qui irait les chercher, je pensais qu’il n’y aurait pas de volontaire, mais il y en a qui se sont décidé, la nuit dernière le drapeau allemand a été pris, je l’ai vu ce matin, je ne sais pas si le gars aura ses 15 jours de permission.

Nous travaillons toujours à faire des abris et les territoriaux travaillent pour faire

des emplacements pour de la grosse artillerie, on prépare encore une offensive et pour quand ?, je n’en sais rien, en tout cas je ne pense pas que ce soit avant un mois au plus tôt. Il y a une grande quantité d’obus à l’arrière, des champs entiers en sont remplis et il y a beaucoup de grosses pièces qui attendent pour être placées.

Hier il est venu des officiers d’infanterie visiter les tranchées, ce sont eux qui vont nous relever demain soir ce qui nous plait pas du tout car on voit qu’il faudra quitter ce secteur où nous étions pas trop mal et pour aller où ?, on craint toujours que ce soit pour Verdun, mais pour le moment on ne sait encore rien, à ce que j’ai entendu dire, c’est que les Anglais ont demandé que les troupes coloniales soient avec eux pour une grande offensive qui se prépare.

10 juin 1916,

Où je suis, il tombe de l’eau tous les jours et nous attrapons de bonnes trempées de temps en temps, on fait toujours des travaux d’approche et on ne travaille que la nuit, jusque là nous avons été assez tranquilles mais je crois que les boches ont vu dans la journée ce que nous faisions, car la nuit dernière ils ont bombardé pendant un bon moment, personne n’a été touché, nous avons été quitte pour une bonne peur.

Les Russes ont l’air de marché maintenant et vont pouvoir continuer leur offensive si bien commencée. J’ai bien peur que si les boches s’en mêlent, ils soient arrêtés, il faudrait pour cela que les Anglais donnent aussi, mais eux ne marcherons pas sans nous et ces petites montagnes d’obus que j’ai vues attendent le jour combiné avec eux pour pleuvoir sur le dos des boches, ce sera un nouveau Verdun, une nouvelle boucherie qui s’ouvrira ou bien que les Allemands demanderaient la paix avant, ce que je souhaite !!.

6 juillet 1916,

Aujourd’hui je suis sorti de la fournaise et j’en profite pour te causer un peu. Tu as du voir sur les journaux le travail que nous avons fait, cela n’a pas été trop dur, nous avons chargé en face Dompierre , un quart d’heure après la sortie des tranchées le pays était pris, les boches n’ont presque pas fait de résistance, tous les prisonniers que faisions étaient fourrés dans leurs abris, les officiers boches étaient en grande partie sauvés, ils voyaient que cela allait mal se passer pour eux, c’est à ne pas croire comment le terrain était bouleversé, nos grosses pièces marines faisaient des trous plus grand que la mare de Villamblain et qui avaient 3 ou 4 mètres de profondeur, le bombardement a duré 5 jours, les soldats qui marchaient de mauvais cœur ont repris courage quand ils ont vu comment les choses se passaient, nous avons été obligés de nous arrêter car notre droite n’avançait pas assez, sans quoi je ne sais pas où nous serions allé, les boches étaient en pleine retraite, toutes leurs lignes de tranchées dépassées, notre artillerie avance toujours et tape dur, je pense que les boches auront bien de la peine à se raccrocher si on continue à les suivre et ils ne seront pas heureux car dans la plaine les 75 massacrent tout, nous avons avancé 4 à 5 km où les terrains n’étaient point cultivés (récoltés), maintenant nous sommes dans les récoltes, il y a de beaux blés, tous les pays que nous avons pris ont été massacrés par notre artillerie, je n’ai point vu de civils, ils doivent s’être sauvés, pour le moment nos grosses pièces doivent taper sur Péronne , il y a des prisonniers boches qui nous ont dit qu’il avait été déjà tué plus de cent mille civils, cela est bien ennuyeux , mais si on ne détruit pas les pays, les soldats se font tuer par les boches qui sont dedans et qui ont beaucoup de mitrailleuses de placées dans les greniers.

Me voilà encore une fois sorti, je pense que se sera le tour à d’autres de marcher, car la coloniale doit avoir fait largement sa part.

18 juillet 1916,

Nous sommes relevés des lignes depuis hier mais il parait qu’on y retourne ce soir, le début de l’attaque n’a pas été trop meurtrier pour nous, mais depuis c’est à ne pas tenir, les boches ont ramené de l’artillerie et les obus tombent par douzaines du matin au soir tous les jours, il y a beaucoup de pertes, je ne comprends pas comment on peut tenir, les boches sont comme nous. Samedi on les voyait qui se sauvaient de leurs tranchées, ils vont nous tenir à coup de canons, quand les boches se sont sauvés de leurs tranchées, leur artillerie tapait dedans pour les empêcher de se sauver, comme je vois ils sont comme nous, pas heureux.

En sortant de cet enfer, on nous a mis au repos dans la plaine à 1 km des boches sans abris et sous les obus. Le bord des routes est rempli de voiture cassées, de chevaux tués, on doit attaquer d’ici quelques jours, peut-être demain, je voudrais bien être quelques jours plus vieux. Pour le moment la pluie tombe à plein temps mais cela n’empêche pas à l’artillerie de taper, il y a autour de nous plus de batteries qui tirent, ainsi tu peux voir quelle mitraille il peut tomber et les boches en ont autant qui tirent sur nous. Le 23em colonial nous a rassemblés aux lignes, c’est peut-être lui qui va attaquer. Je ne sais pas ce que les boches ont fait de leurs morts, mais dans l’avance que nous avons faite, je n’ai point vu de cimetière.

3 août 1916,

Nous avons quitté les lignes il y a 2 jours et pas fâchés, c’est à n’y plus tenir, le même jour il y a un pauvre régiment d’infanterie qui venait faire la relève, il est parti trop tôt, il faisait encore trop jour, il a été repéré par un boche qui l’a signalé à l’artillerie, aussitôt il a été bombardé, les obus tombaient dedans, ils étaient en colonne par quatre, tu peux juger d’une panique, il y a eu au moins 150 tués et plus de 400 blessés. Les malheureux qui restaient doivent en penser long pour monter aux lignes après une telle échauffourée, et dire que nous avions passés près d’un mois dans cette fournaise, aussi nous sommes descendus plus de la moitié moins que nous sommes montés.

Maintenant qu’il fait chaud, c’est une infection à ne pas résister, partout le long des routes, c’est rempli de chevaux tués, et on voit partout dans la plaine des pauvres bêtes se promener avec une patte cassée ou des blessures dans le corps. Cette nuit il y a eu un fort bombardement qui a duré jusqu’au matin et il vient de nous arriver la nouvelle que Barleux était pris, à cet endroit entre les lignes il y avait beaucoup de cadavres, on en comptait bien 200 ensembles, il y avait des boches et des sénégalais, maintenant que nous avons avancé, les brancardiers vont avoir de l’ouvrage et qui n’est pas appétissant.

28 août 1916,

Nous sommes maintenant dans la Marne, ce triste pays où nous avons déjà eu tant de misère. Y resterons-nous ? nous n’en savons rien, les uns disent que nous sommes en réserve de troupes qui doivent attaquer, d’autres que nous devons occuper un secteur, enfin il faut suivre le mouvement, nous sommes cantonnés à Gouy à 16 km de Châlons, je crois que nous n’y resterons pas longtemps.

Aujourd’hui sur le journal, l’Italie a déclaré la guerre à l’Allemagne, cela ne peut avancer à rien pour nous, mais peut faire décider des puissances neutres qui seraient

indécises. Le bruit court que la Roumanie serait entrée en guerre, une dépêche serait arrivée, cela serait une bonne affaire et pourrait avancer de beaucoup les affaires.

L’Autriche qui en a assez et qui aurait un ennemi de plus, aurait vite succombé. J’attends les nouvelles de demain pour savoir si la Roumanie marche, cela me donnait un peu d’espoir, où nous sommes il y a des Russes, ce sont de forts gaillards et ils nous regardent bien, ils auraient voulu nous payer à boire mais nous n’en avons pas trouvé. Depuis quelques temps, le temps est bien à l’orage et on reçoit assez souvent de bonnes averses sur le dos.

26 octobre 1916,

Nous sommes arrivé hier à Bouy, on doit en repartir aujourd’hui ou demain matin pour aller parait- il à Condé-sur-Marne et là on n’y restera surement pas longtemps, je crois que nous embarquerons pour la Somme , ce qui n’est pas bien gai, surtout quand on y a déjà passé un mois et que l’on était si content de s’en sauver, enfin il faudra suivre le mouvement, si seulement je pouvais attraper une bonne blessure pour passer l’hiver dans un hôpital, car je vois qu’on ne le passera pas chez nous. Cette nuit il a gelé très fort, il y avait de la glace ce matin, on a presque passé la nuit blanche, pour ma part j’ai tremblé toute la nuit et ce matin il a fallu être matinal pour s’échauffer en trottant sur la route, les journaux ne marquent pas grands progrès pour le moment, les Roumains depuis un peu ont fort à faire, ils ont même été obligés de reculer de beaucoup.

1ernovembre 1916,

Hier soir cela n’allait pas du tout, seuls les boches ont attaqués, ils ont du commencer par les Russes qui sont à notre gauche, car on entendait un fort bombardement, ensuite ils ont attaqué le 23em colonial, ils sont entré dans une tranchée mais je crois qu’ils ont du la perdre après. C’était notre tour, ils sont sortis de leurs tranchées à 9 heures du soir, il faisait noir comme suie et il tombait de l’eau à plein temps. Ah quel métier, le 75 a tapé aussitôt et leur attaque a été ratée, ils ont été obligés de rentrer dans leurs tranchées, ce qui m’ennuyait le plus c’est que nous étions trempés comme des soupes et rien pour se changer, enfin cela est un petit incident que nous sommes habitués.

Les journaux marquent toujours quelques progrès mais la fin ne vient toujours point. Les Russes et les Roumains ont reculé, depuis quelques temps la Grèce n’a point l’air de vouloir bien faire, au contraire le nouveau ministre est boche en grande partie. Je ne sais pas qui est-ce qui pourra faire finir et pourtant les hommes n’en veulent plus. Au 4em et 8em colonial il vient d’en passer 250 au conseil de guerre, il y en a 25 qui sont condamnés à mort et fusillés dans les 24 heures, les autres ont de 2 à 6 ans de travaux, on veut faire un exemple pour les autres, j’ai peine à croire que cela fasse quelque chose, car on est tellement fatigués de cette misérable vie, que beaucoup se fichent de tout.

8 novembre 1916,

Le temps est toujours à l’humidité et on va même de pis en pis, aujourd’hui l’eau n’a pas cessé, le poilu des tranchées doit être dans un bel état, surtout dans la Somme et à Verdun où tout est bouleversé par l’artillerie.

A Verdun on a beaucoup avancé, les boches ont du rire quand on a bombardé le Fort de Vaux pendant une journée, ils l’avaient abandonné la veille, enfin on ne le savait pas. Les Russes doivent avec les Roumains reprendre l’offensive, il est dit aussi que les Anglais en préparent une, mais par ce temps il n’est guère possible de faire grand-chose. Hier il est parti 4 régiments coloniaux au camp de Lavallone , ils doivent être complétés pour partir à Salonique , le bruit courre que nous irons ensuite, mais cela n’est pas encore certain. Ce soir notre général nous a donné un quart de vin supplémentaire, on ne sait pas pourquoi ??, peut-être parce-que l’emprunt a bien marché !, personne n’a voulu donner son prêt.

17 novembre 1916,

Depuis quelques jours le temps humide a changé en gelée, cette nuit il a gelé très fort, aussi on ne s’est pas reposé de la nuit tellement nous avions froid. Cette nuit je suis de garde, encore une nuit sans repos, enfin c’est la guerre, ceux qui sont aux tranchées sont plus malheureux que nous, le bruit courre maintenant que irons à Salonique , enfin ce ne serai que d’ici 2 ou 3 mois, d’ici ce temps il se passera peut-être quelque chose de bon pour nous, je l’espère et te quitte avec cette espérance.

29 novembre 1916,

Nous avons quitté le pays de Campuis pour venir échouer à Cuvilly avec une centaine de kilomètres dans les jambes. Nous sommes assez mal cantonnés, mais ce qui est consolant pour nous c’est que nos officiers sont bien !!!.

A la dernière étape que nous avons faite, je suis parti en avant avec le fourrier, quand nous sommes arrivés au patelin où nous devions habiter quelques jours, nous avons d’abord été à la Mairie pour avoir des renseignements, le fourrier a demandé d’abord combien avez-vous de lits pour coucher les officiers…, les chambres sont-elles confortables et ensuite combien y a-t-il d’écuries pour les hommes ??? Il est vraiment pas étonnant que les officiers ne s’ennuient pas de la longueur de la guerre, ils ont tout le bien-être possible, ils sont gavés de tout et gagnent double qu’en temps de paix, et dire que tous les gens où nous passons les regardent mieux que nous et pourtant ces gens là, ont des enfants à la guerre qui souffrent du mauvais traitement de leurs chefs !!! C’est à n’y rien comprendre ??.

Nous sommes cantonnés sous un hangar, le vent souffle de partout, mais enfin on se trouve heureux, car on voie les tranchées qui nous attendent…, d’ici quelques jours nous y serons et quelle existence ce sera, les galériens sont beaucoup mieux que nous.

Les opérations sur notre front semblent un peu arrêtées, par contre elles marchent assez sérieusement en Roumanie où les boches ont déjà avancés plus de 250 km !! je crois que les Russes doivent préparer quelque chose, une attaque sérieuse pour dégager ces pauvres Roumains qui sont en bien mauvaise posture.

28 décembre 1916,

Nous allons commencer l’année 1917 et la guerre dure toujours, enfin il y a des bruits de paix et peut-être qu’il se travaille quelque chose en dessous, en sourdine, j’ai bon espoir que l’affaire pourrait s’arranger, si nous pouvions avoir cette nouvelle pour nos étrennes, ça vaudrait mieux que la bouteille de champagne pour quatre que l’on nous a promis, les permissions ne marchent pas vite, un moment j’avais cru en avoir dans les premiers de janvier, mais je vois maintenant que j’aurai bien de la peine à l’obtenir à la fin du mois, enfin je n’y pense pas trop, je pense plutôt à la fin, à la grande permission, à la délivrance.

Pour le moment les opérations sont un peu suspendues, malgré cela il y a toujours de petites attaques. Hier soir il y en avait une à notre droite, un coup de main comme dit le journal, n’empêche que leur fameux coup de main fait bien des victimes, pour prendre quelques prisonniers on laisse des fois plus de 100 hommes sur le terrain.

Suite de cette correspondance dans un prochain article
 

 

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