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Les Mégalithes du Loiret: Quelle histoire pluri-millénaire!

Auteur : Admin  Créé le : 05/11/2022 15:15
Modifié le : 21/11/2022 20:27
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Les 29 et le 30 octobre 2022 à Tournoisis et le 1er novembre à Patay, la FAL (Fédération archéologique et historique du Loiret), l'association RPLB (Racines du Pays Loire Beauce), ont répondu positivement aux offres des communes de Tournoisis et de Patay de présenter l’exposition sur les Mégalithes du Loiret. A savoir :

  1. L'exposition magistrale sur les Mégalithes du Loiret préparée par Marc LAROCHE (néolithicien, correspondant scientifique du MOBE d’Orléans) constituée de panneaux descriptifs et explicatifs ainsi que de photographies de dolmens et menhirs   

  2. Le tapis chronologique retraçant les grandes périodes, préhistoriques et historiques, de l'évolution de nos cultures humaines, du Paléolithique inférieur (-800 000 ans) à l’actuel

  3. La maquette stratigraphique expliquant la superposition des couches lors d’une fouille archéologique. 

Le tapis chronologique et la maquette stratigraphique sont des prêts gracieux du matériel pédagogique du service départemental d’archéologie du Loiret.

Ces journées ont été l’occasion également de montrer au public des collections privées d’objets néolithiques provenant de la région et de pouvoir échanger avec les spécialistes.

Le samedi 30 octobre, Marc LAROCHE a partagé avec un auditoire particulièrement attentif, ses connaissances et sa passion sur les dolmens, les menhirs et les productions en outillage lithique que recèle le département du Loiret. 

Au cours de ces trois jours, c'est près de 400 personnes qui ont visité cette exposition dont de nombreux enfants. 

Parmi les visiteurs, Frédéric NERAUD VP du Conseil départemental , Président de Tourisme Loiret.

Le Sénateur Jean-Pierre SUEUR

Ci dessus la frise chronologique

où le jeu consistait à placer sur la bonne case la photo représentant la période culturelle a eu beaucoup de succès

Muriel BATAILLE, maire de Tournoisis présente le conférencier.

Marc LAROCHE au cours de sa conférence

Un large public très intéressé a suivi cette conférence

  Les organisateurs se sont rendus disponible pour répondre aux  nombreuses questions   de gauche à droite: F. POINTEREAU président de Racines du Pays Loire Beauce, Muriel BATAILLE maire de Tournoisis, Marie Christine MARINVAL VP de la Fédération archéologique du Loiret, Marc LAROCHE correspondant du MOBE d'Orléans, néolithicien, Gilbert CHAVIGNYcollectionneur privé.

Gilbert CHAVIGNY a eu beacoup de plaisir à partager sa passion des pierres néolithiques avec des visiteurs curieux de découvrir cette collectionprovenant des environs de Tournoisis.

Maquette stratigraphique montrant la succession des couches archéologique

Le terme « mégalithe » signifie littéralement grosse (méga) pierre (lithos). Sous ce vocable sont réunis les monuments érigés à la période néolithique que sont les menhirs (pierre dressée) et les dolmens (monument funéraire le souvent collectif). Ces deux termes viennent du breton.

 

Le menhir est une pierre dressée, plantée verticalement, le plus souvent isolée pour ceux du Loiret. L’hypothèse actuelle est qu’il servait de point indicateur dans le paysage pour signaler une source par exemple ou un endroit particulier. Le menhir le plus haut du Loiret est celui de La Chaise à Louzouer. Il mesure 4,40 m de haut.

Beaucoup de ces monuments très anciens ont été détruits courant du 19 et du 20è siècle. Espérons que le 21ème siècle sera plus respectueux pour ces structures ayant traversées les siècles et même les millénaires.

 

Pour plus d’information : les publications de la Fédération Archéologique du Loiret consultables gratuitement sur le site https://fal45.net/

Menhir de Lachaise à Louzouer

Dans le département du Loiret, les plus anciens mégalithes connus sont les sépultures dites sous dalles qui sont datées environ de 4400 ans avant J.-C. soit de la fin du Néolithique ancien. Ces sépultures sont composées d’une fosse, dans laquelle un ou deux corps ont été déposés, recouverte par une dalle de pierre parfois imposante comme celle de Ruan près d’Artenay. Cette énorme dalle de calcaire de Beauce, également nommée « pierre à Lutieau », est longue de 3,85 m, large de 2,50 m et épaisse de 0,65 m. Elle est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 27 mai 1987. Elle est entourée de nombreuses légendes dont celles des bergers : « Les bergers, le soir en revenant des champs, mettaient du tabac à priser sur la pierre à Lutieau. La nuit, les lièvres venaient musser (sentir) le tabac. Le lendemain, les bergers retrouvaient un ou plusieurs lièvres assommés. En reniflant le tabac ils avaient éternué, et ils s’étaient assommés dessus. »

La Pierre à Lutieau à Ruan

Font suite aux sépultures sous dalle, les dolmens qui sont des sépultures collectives construites durant le Néolithique moyen (4650-3350 av J.-C.) et le Néolithique récent (3350- 2800 av J.-C.). Ils sont constitués d’une ou plusieurs grosses pierres formant une dalle de couverture (comme une table) posées sur des pierres verticales qui leur servent de piliers de soutènement. Originellement l’ensemble de la structure est recouvert et ainsi protégé par un amas de pierres et de terre. Ces sépultures peuvent avoir été utilisées pendant des siècles et contenir de nombreux individus. Il en existe de plusieurs types suivant la période de construction.

Par exemple le dolmen d’Epieds en Beauce est dit de type angevin. C’est un gros dolmen classé aux Monuments historiques depuis 1879. Il mesure 3 m de hauteur et 4, 50 m de longueur. Les 2 tables de couverture sont supportées par 5 piliers massifs. Des ossements humains y ont été retrouvées lors de fouilles non autorisées anciennes.

Photo actuelle et photo carte postale du début du 20 è siècle du dolmen des Pierres Fenats, Epieds en Beauce, un siècle d’écart montrant la durabilité d’un tel monument

Une légende est racontée par André Gilbert dit Dédé en patois beauceron dans son livre l’Haratage pardu : «  Son patronyme signifierait « pierre des fées ». Ce serait ces fées qui l’auraient bâti pour enterrer un trésor. Le jour de Noël, à la messe de minuit, le dolmen s’ouvre au premier coup de cloche, et se referme au dernier, laissant apparaitre un trésor. Pour en prendre possession, il faut faire très vite car au dernier coup de cloche le dolmen se referme sur les avides protagonistes. On n’aurait jamais revu ceux qui y sont allés. ». Depuis combien de générations cette légende se transmet ?


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